Vague de chaleur

Le G7 critique l'interdiction d'exporter du blé depuis l'Inde

ATS

14.5.2022 - 16:51

Les ministres de l'Agriculture du G7 ont critiqué samedi la décision de l'Inde d'interdire les exportations de blé après une récente vague de chaleur. Ils jugent que cela ne ferait «qu'aggraver la crise» de l'approvisionnement en céréales, déjà sous tension avec la guerre en Ukraine.

La Russie et l'Ukraine représentent ensemble 30% des exportations mondiales de blé (archives).
Deuxième producteur de blé au monde, l'Inde a interdit samedi les exportations sauf autorisation spéciale du gouvernement, renforçant les craintes pour l'approvisionnement mondial en céréales.
KEYSTONE/AP/Ivan Sekretarev

ATS

14.5.2022 - 16:51

«Si tout le monde commence à imposer de telles restrictions à l'exportation ou même à fermer les marchés, cela ne fera qu'aggraver la crise et cela nuira aussi à l'Inde et à ses agriculteurs», a déclaré le ministre allemand de l'Agriculture, Cem Özdemir, à l'issue d'une réunion avec ses homologues à Stuttgart.

«Nous appelons l'Inde à prendre ses responsabilités en tant que membre du G20», a-t-il ajouté en réaction à l'annonce de New Delhi. «Nous nous sommes prononcés contre des restrictions d'exportation et appelons à maintenir les marchés ouverts», a rappelé M. Özdemir.

Deuxième producteur de blé au monde, l'Inde a interdit samedi les exportations sauf autorisation spéciale du gouvernement, renforçant les craintes pour l'approvisionnement mondial en céréales.

Chaleur extrême et hausse des cours

Lancée le 24 février, l'offensive militaire russe perturbe gravement l'activité agricole dans les campagnes d'Ukraine, qui était avant l'invasion le quatrième exportateur mondial de maïs et en passe de devenir le troisième exportateur de blé. En raison du blocus imposés aux ports du pays, une vingtaine de tonnes de céréales attend dans les silos d'être exportée et la récolte de cette année est menacée.

L'Inde a décidé cette interdiction pour assurer sa «sécurité alimentaire» après un déclin de la production en raison de la chaleur extrême et d'une hausse des cours, conséquence de la guerre en Ukraine, qui complique l'approvisionnement sur le marché mondial. Les contrats d'exportation conclus avant le décret pourront être honorés, la mesure ne concernant que les exportations futures.

Celles-ci ne pourront se faire que sur autorisation spéciale de New Delhi, qui décidera au cas par cas d'approuver des demandes d'autres pays «pour garantir leur sécurité alimentaire». Les ministres de l'Agriculture réunis à Stuttgart ont «recommandé» d'évoquer le sujet lors de la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du G7 en juin, où l'Inde sera présente en tant qu'invitée.

Sécurité assurée en Suisse

L'invasion russe de l'Ukraine va aggraver les fragilités des pays très dépendants des exportations de céréales ou d'engrais russes et ukrainiens, notamment en Afrique, où l'insécurité alimentaire atteint déjà des sommets sous l'effet des conflits, des crises climatiques et des chocs économiques.

En ce qui concerne la Suisse, le conseiller fédéral Guy Parmelin a déclaré au début du mois que la sécurité alimentaire était assurée dans le pays. Les engrais nécessaires aux cultures de cette année ont déjà été dans une large mesure livrés aux exploitations.

La Confédération reste toutefois dépendante du marché mondial. À ce jour, le taux d’auto-approvisionnement brut de la Suisse atteint 57%, et son taux d’auto-approvisionnement net avoisine les 50%.

ATS