TikTok proche d'un accord avec Oracle

ATS

20.9.2020 - 03:28

Donald Trump annonce un accord «fantastique» entre TikTok, Oracle et Walmart (archives).
Source: KEYSTONE/EPA/HAYOUNG JEON

La populaire application TikTok, menacée d'interdiction aux Etats-Unis au nom de la sécurité nationale, devrait pouvoir continuer à être téléchargée dans le pays. Le président américain Donald Trump a donné samedi son feu vert à un projet impliquant Oracle et Walmart.

«J'ai donné mon approbation à l'accord. S'ils le concrétisent tant mieux. Si ce n'est pas le cas, cela ira aussi», a déclaré le président républicain, avant de s'envoler pour une réunion de campagne en Caroline du Nord.

La société, filiale d'un groupe chinois, a confirmé peu après avoir préparé un projet impliquant Oracle, en tant que partenaire technologique aux Etats-Unis, et Walmart, en tant que partenaire commercial. L'accord prévoit aussi que les deux entreprises américaines puissent acheter jusqu'à 20% de parts dans TikTok avant une future entrée en bourse. Oracle a précisé qu'il en prendrait 12,5%.

«Nous sommes heureux que la proposition de TikTok, Oracle et Walmart résolve les problèmes de sécurité soulevés par le gouvernement américain et règle les questions concernant l'avenir de TikTok aux Etats-Unis», a indiqué une porte-parole de l'application.

Interdiction reportée

S'il se concrétise, un tel dénouement pourrait permettre d'éteindre un des nombreux feux couvant actuellement entre Washington et Pékin. Il pourra aussi permettre aux Américains de continuer à utiliser cette application très prisée chez les jeunes.

«Au vu des développements positifs récents», le département du commerce a annoncé qu'il reportait au moins jusqu'au 27 septembre l'interdiction de télécharger TikTok aux Etats-Unis, qui devait entrer en vigueur dimanche.

Sans avoir rendu publics des éléments de preuve, le locataire de la Maison-Blanche affirme depuis des semaines que TikTok, dont la maison mère est l'entreprise chinoise ByteDance, espionne pour le compte de Pékin. Au nom de la sécurité nationale, il a pris au début août un décret donnant à ByteDance jusqu'au 20 septembre, pour céder les activités de TikTok sur le sol américain à une entreprise «made in USA».

53% à des Américains

L'application, qui permet de diffuser de courtes vidéos souvent musicales ou humoristiques, compte quelque 100 millions d'utilisateurs aux Etats-Unis.

TikTok n'a pas donné samedi de précision sur la façon dont serait réparti le capital, mais, selon des sources du Wall Street Journal, l'accord prévoit que 53% des parts au total soient attribués à des entreprises et investisseurs américains et 36% à des investisseurs chinois.

Donald Trump, qui fait de sa pugnacité envers la Chine un argument de campagne à moins de 50 jours des élections présidentielles américaines, a estimé qu'avec l'accord passé entre TikTok, Oracle et Walmart, «la sécurité sera à 100%«.

Le groupe informatique sera en charge de l'hébergement de toutes les données des utilisateurs américains et de la sécurité des systèmes informatiques associés. «Nous sommes convaincus à 100% de notre capacité à fournir un environnement hautement sécurisé à TikTok et à garantir la confidentialité des données des utilisateurs américains de TikTok et des utilisateurs du monde entier», a commenté la directrice générale d'Oracle.

Donation de 5 milliards

Le projet prévoit aussi l'embauche de 25'000 personnes aux Etats-Unis et le maintien du siège de la société dans le pays.

Les entreprises impliquées feront par ailleurs «une donation d'environ 5 milliards de dollars» pour «l'éducation des jeunes Américains», a affirmé le président américain, qui avait insisté pour que le gouvernement soit rémunéré pour avoir autorisé l'accord.

Vendredi, le gouvernement américain avait annoncé qu'il empêcherait, à partir de dimanche, le téléchargement de TikTok aux Etats-Unis, ainsi que de WeChat, une application du géant chinois Tencent utilisée pour la messagerie, les achats, les paiements et d'autres services, avec quelque 19 millions d'utilisateurs sur le sol américain.

La Chine avait réagi vivement en dénonçant samedi «l'intimidation» des Etats-Unis et en instaurant un mécanisme lui permettant de restreindre les activités d'entreprises étrangères. Contre une «liste d'entités non fiables» – dont les noms n'ont pas été rendus publiques – Pékin prévoit des sanctions potentielles allant d'amendes à la restriction d'activités ou d'entrée de matériel et de personnel en Chine.

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