Entre Covid et crise démographique, la Russie recense sa population

ATS

15.10.2021 - 12:34

La Russie lance vendredi le troisième recensement depuis la chute de l'URSS, qui doit permettre de dresser le portrait de la population et de la crise démographique qui ronge le pays, aggravée par le Covid.

ATS

15.10.2021 - 12:34

Russian President Vladimir Putin listens to a bell ringing presentation from Spasskaya Tower clock after a flower-laying ceremony at the monument of Kuzma Minin and Dmitry Pozharsky with St. Basil's on the right, at Red Square in Moscow, during National Unity Day in Moscow, Russia, Wednesday, Nov. 4, 2020. The bells will continue to ring out the Anthem of Russia and Glory, but using a new full-octave. (Alexei Nikolsky, Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP)
Vladimir Poutine a fait de la relance démographique une priorité depuis son arrivée au pouvoir. (iarchives)
KEYSTONE

Le président russe Vladimir Poutine a fait de la relance démographique une priorité depuis son arrivée au pouvoir et si l'espérance de vie s'est allongée, le pays n'est jamais sorti d'une crise entamée à l'époque soviétique.

Ce recensement, qui se tient du 15 octobre au 14 novembre, est le troisième de l'histoire post-soviétique de la Russie après ceux de 2010 et 2002. Pour la première fois, il se fera en grande partie en ligne après avoir été reporté plusieurs fois à cause de la pandémie.

Il est d'ores et déjà clair que la population russe continue de rétrécir, une évolution qui s'est accélérée avec le Covid-19, responsable de plus de 400.000 morts depuis début 2020 selon le décompte de l'agence des statistiques Rosstat.

Sombre réalité

De nouveaux records de décès quotidiens et de contaminations détectées ont été battus vendredi, avec 999 morts et 32.196 infections recensés.

La réalité démographique est plus sombre encore. La Russie a perdu 510.000 habitants en 2020, et encore 595.000 entre janvier et août 2021. Les données de Rosstat témoignent d'une mortalité en forte hausse du fait de la pandémie, tandis que la natalité stagne.

Après une courte période de reprise, la population russe baisse depuis 2018, la génération née dans les premières années post-soviétiques, marquées par une baisse de natalité, arrivant en âge d'avoir des enfants.

Juste avant le début de la pandémie, le président russe avait donc annoncé un nouveau plan pour porter d'ici 2024 le taux de fécondité de 1,4 à 1,7 enfant par femme via des incitations financières.

31% des Russes entièrement vaccinés

Le Covid-19 a porté un coup à ces efforts, les Russes tardant à se faire vacciner, les mesures de restrictions sanitaires étant limitées, tandis que la distanciation et le port du masque ne sont guère respectés. La Russie est confronté depuis juin à sa vague épidémique la plus meurtrière, causée par le variant Delta.

Elle est le pays le plus durement touché en Europe, une situation qui inquiète les autorités, bien qu'elles aient exclu d'introduire des restrictions sanitaires afin de préserver l'économie.

«Toutes les conditions ont été créés pour les citoyens afin qu'ils sauvent leur propres vies en se faisant vacciner», a relevé cette semaine le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Seuls un peu plus de 31% des Russes sont complètement vaccinés, selon site spécialisé Gogov, sur fond de défiance de la population à l'égard des vaccins développés par la Russie, comme le Spoutnik V.

Vladimir Poutine appelle ses compatriotes à se faire vacciner, mais refuse de recourir à la vaccination obligatoire ou à la généralisation du pass sanitaire, des mesures qui seraient impopulaires.

ATS