Etat de droit: Merkel prône le dialogue avec Varsovie

ATS

15.10.2021 - 22:20

La chancelière allemande Angela Merkel a prôné vendredi le dialogue plutôt qu'un durcissement à l'égard de Varsovie. Cela après la retentissante décision du Tribunal constitutionnel polonais, proche du pouvoir conservateur, qui remet en cause la primauté du droit communautaire européen.

epa09525595 German Chancellor Angela Merkel during a press conference after a meeting in Brussels, Belgium, 15 October 2021. Merkel is on an official visit to Brussels as a symbolic 'farewell' before leaving her post as German Chancellor after 16 years. EPA/OLIVIER HOSLET
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15.10.2021 - 22:20

«Nous avons de grands problèmes, mais je conseille de les résoudre par le dialogue et de trouver des compromis», a expliqué Mme Merkel lors d'un déplacement à Bruxelles, regrettant l'attitude des eurodéputés qui font pression sur ce sujet.

«Croire que les différences de perception que nous pouvons avoir au sein de l'UE ne puissent être clarifiées que par des procédures juridiques... Je ne suis pas d'accord», a ajouté la chancelière, qui va quitter le pouvoir après 16 ans à la tête de l'Allemagne.

Elle était interrogée lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier ministre belge, le libéral flamand Alexander De Croo, qui a défendu la même ligne.

«Se contenter de critiquer et de pointer du doigt depuis l'extérieur ne va nous mener nulle part», a affirmé M. De Croo, invitant à «échanger avec M. Morawiecki (le Premier ministre polonais) et les autres» pour comprendre leurs intentions quant au fonctionnement du système judiciaire.

Traités «incompatibles»

Le 7 octobre, le Tribunal constitutionnel polonais, plus haute juridiction du pays, a déclaré que certains articles du traité de l'UE étaient «incompatibles» avec la Constitution polonaise et enjoint aux institutions européennes de ne pas «agir au-delà du champ de leurs compétences» en interférant avec le système judiciaire polonais.

Une prise de position vue par certains Etats membres, la France notamment, comme «une attaque» contre l'Union et ses principes fondateurs.

La décision du tribunal polonais a durci encore le bras de fer entre Bruxelles et Varsovie sur la question de l'Etat de droit et l'indépendance du système judiciaire polonais, objet de plusieurs litiges devant la Cour de justice de l'UE (CJUE).

Suspendre les versements

Le Parlement européen presse la Commission de déclencher contre Varsovie un nouveau mécanisme permettant de suspendre le versement de fonds européens à un pays qui ne respecte pas les principes de l'Etat de droit. Mécanisme dont Varsovie et Budapest contestent actuellement la légalité devant la CJUE.

Mateusz Morawiecki doit s'exprimer mardi devant les eurodéputés réunis en séance plénière au Parlement de Strasbourg (France).

Dans un entretien au quotidien belge Le Soir, Jean-Claude Juncker, ex-président de la Commission européenne (2014-2019), a qualifié vendredi l'arrêt polonais d'"attentat systémique contre la suprématie du droit européen» et d'"aventure dont on mesure mal les conséquences».

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