Frappes sur la capitale du Tigré – le gouvernement dément

ATS

18.10.2021 - 21:05

L'Ethiopie a mené lundi des frappes meurtrières sur Mekele, la capitale du Tigré en guerre, selon des sources humanitaires, diplomatiques et médicale, mais le gouvernement fédéral a qualifié de «mensonge total» ces informations.

Des tirs à l'arme lourde ont touché samedi Mekele, la capitale de la région dissidente du Tigré (nord de l'Ethiopie) où l'armée éthiopienne mène une opération militaire. En photo, des femmes qui ont fui la région des combats.
En photo, des femmes qui ont fui Mekele, la capitale de la région dissidente du Tigré (nord de l'Ethiopie) où l'armée éthiopienne mène une opération militaire.
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ATS

18.10.2021 - 21:05

Ces frappes aériennes, qui ont fait trois morts selon un premier bilan hospitalier, marquent le premier bombardement connu de Mekele depuis le début du conflit il y a presque un an. L'ONU a indiqué qu'elle cherchait à confirmer ces informations «alarmantes».

Après des mois de tensions croissantes avec les autorités régionales dissidentes, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l'armée fédérale au Tigré (Nord) le 4 novembre 2020 pour les en chasser.

Les forces fédérales avaient rapidement pris le contrôle de la majeure partie de la région, dont Mekele. Mais en juin, le TPLF a repris l'essentiel du Tigré puis a poursuivi son offensive dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar.

Depuis environ deux semaines, des sources rapportaient les signes d'une offensive d'Addis Abeba, susceptible de constituer une nouvelle phase de ce conflit qui a plongé des centaines de milliers de personnes dans la famine selon l'ONU.

«Une frappe aérienne (touche) maintenant Mekele», a déclaré via SMS à l'AFP un responsable humanitaire s'exprimant sous couvert d'anonymat. Ces attaques ont été confirmées par une deuxième source humanitaire et deux diplomates.

Un responsable de l'hôpital Ayder, principal établissement de santé de la ville, Hayelom Kebede, a fait état de «trois morts» selon un premier bilan et de l'afflux de «nombreuses victimes». «Le lundi est jour de marché à Mekele et l'intentionnalité est claire», a déclaré un porte-parole du TPLF.

Démentis

Contacté par l'AFP, le directeur du service de communication du gouvernement, Legesse Tulu, a démenti ces informations. «Il n'y a aucune raison, ou projet, de viser des civils à Mekele, qui fait partie de l'Ethiopie, et où vivent nos propres citoyens. C'est un mensonge total», a-t-il déclaré.

Le ministère des Affaires étrangères a accusé dans un communiqué le TPLF de tenter de camoufler des attaques supposées de civils dans les régions voisines Amhara et Afar. M. Legesse a affirmé que le TPLF avait utilisé des armes lourdes ces derniers jours à Wuchale, une localité amhara.

«Ils ont attaqué à l'artillerie. Ils ont tué plus de 30 civils là-bas, et en ont déplacé beaucoup d'autres», a-t-il dit, ajoutant que Chifra, une localité afar, avait également été touchée.

Un média d'Etat éthiopien a cependant confirmé que les forces aériennes gouvernementales avaient lancé lundi des frappes sur des cibles du TPLF dans la capitale de cette région, Mekele. L'agence Ethiopian Press a précisé que les frappes avaient touché des infrastructures de communication utilisées à Mekele par les rebelles du TPLF, ajoutant que «les mesures pour empêcher des victimes civiles lors des frappes aériennes ont été appliquées avec succès».

Le porte-parole a réaffirmé que les troupes du TPLF marcheraient si nécessaire jusqu'à Addis Abeba. «Si c'est ce qu'il faut faire pour briser le siège du Tigré, pourquoi pas ?», a-t-il dit à l'AFP dans un SMS. La guerre a tendu les relations entre l'Ethiopie et ses partenaires occidentaux, notamment les Etats-Unis, un allié historique.

ATS