Boris Johnson

«Partygate»: les scénarios pour Boris Johnson

ATS

16.1.2022 - 09:03

Face à l'accumulation des scandales, le premier ministre britannique Boris Johnson semble en position précaire. Quels sont les scénarios possibles à l'issue de cette semaine difficile pour le dirigeant conservateur, au pouvoir depuis juillet 2019?

Boris Johnson souhaite éviter une deuxième vague de coronavirus et sauver ainsi Noël (archives).
Boris Johnson, qui a longtemps semblé invincible, est dans une position fragile depuis plusieurs semaines.
KEYSTONE/EPA/NEIL HALL

ATS

16.1.2022 - 09:03

Une démission

Boris Johnson a longtemps semblé invincible au fil de sa carrière dans le journalisme et la politique, rebondissant et grimpant jusqu'au sommet malgré des mensonges, aventures extra-conjugales ou déclarations dénoncées comme racistes.

Il ne montre aucune volonté de quitter son poste, à peine plus de deux ans après avoir conduit les conservateurs à une majorité écrasante à la chambre des communes. «Il a toujours été capable de se sortir de situations inextricables pour le commun des mortels», a estimé l'ancien premier ministre David Cameron sur Sky News récemment.

Boris Johnson s'est excusé cette semaine pour avoir assisté à un pot dans les jardins de Downing Street en plein confinement en mai 2020. Face aux appels à la démission, il a demandé d'attendre les conclusions d'une enquête interne menée par une haute fonctionnaire réputée pour son intégrité, Sue Gray.

Mais cette investigation se concentre sur l'établissement des faits plus que leurs conséquences. Et selon le Times, son rapport pourrait conclure à une absence d'infraction pénale et ne pourrait recommander que des mesures disciplinaires contre certains collaborateurs.

Pour l'instant, seuls cinq députés de sa majorité ont appelé publiquement au départ du chef du gouvernement. S'il perdait le soutien des poids lourds de son gouvernement ou plus généralement de son parti, il pourrait cependant décider de jeter l'éponge comme l'avait fait en 2019 Theresa May, à qui il avait succédé. Cela déclencherait une procédure de désignation d'un nouveau chef du parti conservateur pouvant durer six semaines.

Dans ce cas, les ministres des finances Rishi Sunak et des affaires étrangères Liz Truss sont actuellement considérés comme les favoris.



Vote de défiance

Le parti conservateur est réputé pour se montrer sans pitié pour ses dirigeants dans la tourmente. Il avait ainsi destitué Margaret Thatcher en 1990 après plus d'une décennie au pouvoir.

Pour déloger Boris Johnson, il faut qu'au moins 54 députés «tories», soit 15% du groupe parlementaire conservateur, écrivent au «comité 1922» demandant un vote de défiance. Cette procédure est secrète, mais, selon le Telegraph, une trentaine d'élus l'aurait fait.

Un plus grand nombre pourrait suivre si les conclusions de Sue Gray se révélaient accablantes ou si les révélations continuaient de s'enchaîner à un rythme intenable.

Enquête policière

La police de Londres a indiqué avoir été en contact avec le gouvernement au sujet des révélations sur les «garden parties» de Downing Street, mais attendre les conclusions de Sue Gray pour décider d'éventuelles suites à donner.

La «Met Police» a été critiquée pour avoir dans un premier temps refusé d'enquêter a posteriori sur d'éventuelles infractions aux règles sanitaires. Le lancement d'une enquête judiciaire augmenterait fortement la pression sur Boris Johnson.

Johnson résiste

L'affaire pourrait s'ajouter à la longue liste des scandales ayant émaillé la carrière de Boris Johnson, y compris depuis son arrivée à Downing Street.

Son parti a écopé d'une amende pour ne pas avoir déclaré le financement par un généreux donateur de la luxueuse rénovation de l'appartement qu'occupe Boris Johnson au 11, Downing Street. Il a été accusé également de récompenser systématiquement d'un siège aux Lords, la chambre haute du Parlement, les principaux donateurs de la formation.

Boris Johnson a par ailleurs provoqué un tollé en voulant changer les règles encadrant le lobbying des députés pour éviter des sanctions à un élu conservateur. Il a dû faire marche arrière et le député en question, Owen Paterson, a démissionné. Son siège a depuis été remporté par les libéraux-démocrates, après 200 ans aux mains des tories.

En pleine flambée de l'inflation, la base du parti voit d'un mauvais oeil l'augmentation annoncée des cotisations sociales au printemps pour renflouer le système de santé et de la dépendance. Les prochaines législatives ne sont pas attendues avant mai 2024, mais des élections locales auront lieu en mai et des résultats désastreux pourraient relancer les guerres internes au sein du parti conservateur.

ATS