La Chaux-de-Fond

La Chaux-de-Fonds: la résistance aux macarons payants continue

js, ats

21.3.2021 - 09:40

Certains habitants de La Chaux-de-Fonds (NE) acceptent toujours mal le nouveau système de macarons de stationnement, pourtant parmi les moins chers de Suisse. Ville à la campagne, la Métropole horlogère est moins confrontée que les centres urbains au manque d'espace. L'adhésion de la population est donc plus difficile que dans d'autres villes, où ce sont les citoyens qui ont même réclamé ces modifications.

Des voitures stationnees sur des zones bleues sont photographies ce jeudi 10 septembre 2020 a Geneve. En votations le 27 septembre
Image d'illustration 
KEYSTONE/Martial Trezzini

js, ats

21.3.2021 - 09:40

La nouvelle politique de stationnement, entrée en vigueur en novembre dernier, «se passe globalement assez bien. Néanmoins, dans les difficultés et oppositions constatées sur le terrain, celles d'une partie des habitants de la ville sont bien plus virulentes et agressives en comparaison avec les pendulaires», a déclaré à Keystone-ATS Baptiste Develey, commandant de la sécurité publique de La Chaux-de-Fonds.

«Il est vrai que ceci peut surprendre, lorsqu'on considère que la situation n'a pas beaucoup changé pour les habitants, puisque le macaron ne coûte que les frais d'établissement (entre 20 et 25 francs par an ) et qu'il n'y a pas de restriction de stationnement pour eux», a ajouté le commandant. De leur côté, les pendulaires peuvent devoir débourser jusqu'à 1100 francs par an, selon le module choisi, pour se parquer dans le périmètre urbain.

Dans une interview à Arcinfo, le conseiller communal chaux-de-fonnier Patrick Herrmann reconnaît que le dispositif pourrait être amélioré et que la Ville réfléchit à une solution. «Notre désavantage par rapport aux villes de taille moyenne, c'est l'absence de parkings d'appel qui dispensent l'automobiliste de se renseigner à l'avance sur les règles de parcage en vigueur».

Le commandant de la sécurité explique aussi les critiques par le fait qu'une partie de la population de la ville est «traditionnellement très attachée à sa voiture et a été habituée à circuler et stationner librement». Selon lui, les pendulaires «sont plus souples en la matière car ils sont habitués à ce type de système, puisqu'il se retrouve dans tous les autres centres urbains».

Voiture stationnée les 95% de son temps

Patrick Rérat, professeur de géographie et durabilité à l'Université de Lausanne (Unil), constate que les automobilistes ne remarquent pas que «ce qui est gratuit à un coût pour la société, soit en termes d’entretien de la voirie ou de déneigement par exemple. Une taxe internalise une partie de ces coûts qui seraient ainsi payés par les usagers et non la société dans son ensemble», a-t-il ajouté.

Selon le professeur, on «peut aussi mentionner d’autres coûts pour la société: une partie de l’espace dévolu au stationnement pourrait être affectée à d’autres usages. On voit ainsi de plus en plus de villes réfléchir à réduire l’emprise de la voiture et ses nuisances et à créer des pistes cyclables, élargir les trottoirs ou les terrasses, végétaliser les rues». Patrick Rérat rappelle qu'une voiture est stationnée 95% de sa vie.

Avec sa nouvelle politique de stationnement, la Ville de La Chaux-de-Fonds a justement pour objectif de faire participer les usagers au financement de l'entretien du réseau routier. Les autres buts sont de privilégier le stationnement de courte durée pour favoriser les commerces au centre-ville et améliorer son attractivité, de garantir une offre suffisante pour les habitants, d'encourager les pendulaires à utiliser les transports publics et de réduire la pollution.

A Neuchâtel, par étapes

La politique de stationnement est un dossier épineux à La Chaux-de-Fonds. Après que les citoyens ont refusé en février 2011 d'introduire des macarons et des cartes de stationnement payant, le Conseil général avait accepté en février 2019 la nouvelle politique de stationnement.

A Neuchâtel, l'introduction de vignettes de stationnement payantes s'est faite progressivement au fil des années, depuis 1995, et par zones. Elle «a globalement été bien acceptée», a expliqué Pierre Hobi, responsable de l’office Domaine Public au Service de la protection et de la sécurité. «On a élargi les zones de stationnement payant au fur et à mesure que les besoins s'en faisaient ressentir».

Selon lui, dans certains cas, ce sont même les habitants et des associations de quartier qui ont fait la demande car ils ne trouvaient plus de place pour se parquer devant chez eux. Le nouveau plan de stationnement a permis «d'éliminer les voitures ventouses et d'éviter que les pendulaires se parquent dans les quartiers en journée, grâce aux parkings d'échange qui leur sont dédiés», a ajouté Pierre Hobi.

js, ats