Philippe Senderos

"Important que le club se pérennise en Super League"

ATS

28.1.2021

Quand Servette va-t-il poursuivre sa saison? Frappés par plusieurs cas positifs au Covid-19 en pleine préparation, les Grenat sont sortis de quarantaine mardi et devaient affronter le Lausanne-Sport dimanche. Une rencontre qui risque aussi d'être reportée, en raison de la quarantaine imposée aux Vaudois.

L'ancien défenseur international Philippe Senderos (57 sélections) est bien obligé d'accepter cette situation, lui qui est désormais directeur des opérations sportives du club genevois. A bientôt 36 ans, il évoque avec Keystone-ATS le projet qu'il porte pour Servette.

Philippe Senderos : "Nous sommes plus ou moins à notre place."
Keystone

La situation actuelle vous amène-t-elle à relativiser les exigences vis-à-vis de l'équipe ?

"C'est sûr que ce n'est pas idéal en termes de préparation. Nous savons qu'il y aura des matches à rattraper et espérons que la Swiss Football League soit clémente avec nous dans le calendrier qu'elle nous imposera. Mais nous avons des ambitions en tant que club, à savoir engranger le plus de points possible, et la motivation reste identique."

Après 14 journées, avez-vous défini un objectif concret en termes de résultats ?

"Il est important que le club se pérennise en Super League. Nous n'avons rien à envier aux autres équipes et devons continuer à bien travailler. Il n'y a pas d'objectif clair au niveau de la position au classement. Nous savons que nous sommes plus ou moins à notre place si l'on regarde les différents budgets. Après, si nous faisons bien les choses sur le terrain, nous pourrons peut-être obtenir quelque chose de mieux."

Le mercato court jusqu'au 15 février. Qu'est-ce cela implique sur votre travail actuel? Servette va-t-il agir sur le marché des transferts ?

"Nous recevons actuellement beaucoup de demandes et de propositions. Mais nous avons des processus internes et savons ce dont on a besoin. Nous ne cherchons pas à être actifs cet hiver, nous laissons passer. Après, on ne sait jamais, nous restons ouverts. Reste que l'effectif est assez complet, avec beaucoup de jeunes. Près de la moitié de l'effectif est issue de notre académie, certains sont en sélection de jeunes, et c'est à souligner."

Mais les jeunes ne jouent pas énormément cette saison...

"Kastriot Imeri est titulaire, Alexis Antunes régulièrement aussi lorsqu'il est disponible. Nicolas Vouilloz a disputé des matchs. Nous avons ce processus qui consiste à amener des jeunes en première équipe et il continue à se faire. Après, la post-formation est quelque chose de très important. Cela peut prendre une année ou deux pour s'améliorer et s'imposer."

La situation actuelle, notamment financière, explique-t-elle aussi le calme sur le mercato ?

"Cela dépend des objectifs de chaque club. Nous, nous avons un effectif de vingt-huit joueurs. La situation ne facilite pas les choses, mais il faut noter que Servette n'est pas un club qui achète régulièrement des joueurs. Sur les dernières années, cela a été rare, ou alors à des sommes peu importantes."

Faut-il comprendre qu'acheter des joueurs ne sera pas dans le projet du club également à moyen terme ?

"Je n'ai pas dit ça. Le jour où l'on pourra investir, c'est quelque chose que l'on considérera."

Le trading de joueurs est-il une composante du projet de Servette ?

"Oui, ça fait partie des aspects qui permettent de valoriser le club, les joueurs. On peut mettre en avant notre formation aussi grâce à ça."

Qu'en est-il de l'avenir de Gérard Bonneau, qui est en charge du recrutement et que des bruits disent sur le départ ?

"Pour le moment, il est au club et il nous apporte beaucoup. C’est quelqu’un avec beaucoup d’expérience qu’il met au profit de notre organisation."



Lorsque vous êtes arrivés en août, quelle analyse avez-vous fait du club ?

"Il y a du très bon travail qui a été effectué. Le club continue à se professionnaliser. Il y a des choses très bien faites et d'autres à améliorer."

Avez-vous des exemples ?

"Nous pouvons faire mieux dans le développement des jeunes, des infrastructures ou encore améliorer les processus internes."

Comment avez-vous mis votre patte ?

"En continuant ce qui a été mis en place. Il fallait trouver le moyen d'être le plus cohérent possible, en essayant d'amener mon expérience. Je cherche aussi à être proche des joueurs, car ils sont la priorité. Il faut se concentrer sur leur bien-être, et pas seulement sur le fait qu'ils soient performants. Il faut toujours être à l'écoute. Ca permet d'anticiper les situations."

Quel modèle de club doit suivre Servette ?

"Il ne s'agit pas de se catégoriser. Nous devons continuer à former des talents, car le bassin à Genève le permet. Il faut les valoriser et il s'agit de la première des ambitions. Ensuite, nous devons être le plus compétitif possible sur le terrain."

Pourquoi Alain Geiger est-il l'entraîneur idéal pour ce projet ?

"Il s’inscrit dans la durée ici. Il fait partie intégrante du projet de développement du club, notamment à travers sa présence dans la commission sportive du club."

Servette doit-il avoir aussi une identité de jeu ?

"Bien sûr. Nous devons être une équipe qui se crée des occasions, qui ait la possession du ballon, qui soit offensive. Nous devons faire du spectacle."

En vertu de cette description, avez-vous été satisfait du 1er tour ?

"On peut toujours s'améliorer. Nous nous portons bien vers l'avant et sommes de plus en plus solides. Si on regarde les occasions créées, nous sommes bien. Peut-être que nous n'avons pas été assez réalistes et il faut plus l'être à ce niveau."

Vous considérez-vous comme un patron ?

"Non, je ne suis pas un patron. Je fais partie du projet et m'inscris dans les processus de communication et de travail."

Prenez-vous souvent la parole devant l'équipe ?

"Quand c'est nécessaire, je parle. Mais ça n'a pas souvent été le cas jusqu'à maintenant."


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