«Dans les familles nombreuses, les enfants n'ont pas de nombril» 

Valérie Passello

2.11.2021

L'humoriste Olivier De Benoist s'arrête à Saint-Maurice le 4 novembre pour présenter «Le petit dernier», une ode... à la contraception, inspirée de sa propre expérience en tant que père de quatre enfants. Interview exclusive pour Blue News. 

Valérie Passello

2.11.2021

Oui, Olivier De Benoit dit des horreurs. Sur sa belle-mère, sur sa femme et sur les femmes en général dans ses précédents spectacles. Le voilà maintenant qui «a décidé de se fâcher avec les seuls membres de sa famille qui le supportaient encore : ses enfants», nous annonce-t-on, à la veille de son passage au Théâtre du Martolet à Saint-Maurice en Valais.

Mais bien sûr, il s'agit d'un personnage. Et l'humoriste adore que le public ressorte de son spectacle en ayant ri et en se disant: «Qu'est-ce qu'il était con!» Entretien.

Le petit dernier, avec la pause forcée du Covid, il est déjà grand, non?

Heureusement que ce n'était pas trop long, sinon il serait majeur et les vannes ne seraient plus drôles. Oui, il a grandi un peu, il a quatre ans aujourd'hui, mais nous avons toujours les mêmes problèmes. Il est toujours aussi chiant!

Vous-même, vous êtes issu d'une famille de sept enfants, comment était le petit Olivier De Benoist?

J'étais plutôt cool, sympa, sans problème. De toute manière, quand on est beaucoup, on n'a pas le temps d'avoir des problèmes. Il faut que ça soit simple, que ça tourne. On est moins matérialiste, on a d'autres valeurs. Les parents n'ont pas le temps non plus de s'attarder sur le nombril de leurs enfants. Pour résumer, je dirais que dans les familles nombreuses, les enfants n'ont pas de nombril.

Dire des horreurs sur les enfants, ça défoule?

Avec ce spectacle, je viens déculpabiliser les parents de Suisse en leur montrant un exemple du plus mauvais père qui soit. Je peux être horrible sur scène avec beaucoup de sincérité, car dans la vie, tout se passe bien avec mes quatre enfants, que j'aime beaucoup. J'ai un côté «gendre idéal» qui me permet de le faire. C'était pareil quand je parlais de ma femme ou de ma belle-mère: si mes relations avec elles n'étaient pas bonnes, j'assumerais beaucoup moins mes vannes.

Vite dit

  • SON PLAISIR COUPABLE: le foie gras et la fondue moitié-moitié
  • SON INSULTE FAVORITE: chienlit
  • SA PLUS GRANDE HONTE: avoir déposé une pièce dans le gobelet d'un homme assis devant la poste à Paris. Après avoir entendu «plouf», il réalise que le monsieur buvait simplement un café
  • SA PLUS GRANDE FIERTÉ: ses quatre enfants

Est-il déjà arrivé qu'un proche prenne mal une vanne?

Jamais, non. Et si cela avait été le cas, je l'aurais tout de suite retirée. Pour moi, quand l'humour est blessant, ce n'est déjà plus de l'humour. Le rire doit être populaire, généreux. J'aime bien l'idée d'être le con dans l'histoire. J'aime quand c'est moi qui glisse sur la peau de banane, comme un clown.

Le spectacle a-t-il évolué depuis sa création en 2019?

Comme tous les spectacles vivants, il évolue, en effet. Mais pas par rapport au Covid, car je me suis aperçu que c'était un sujet qui ne m'intéressait pas des masses. Même quand on parle du confinement, qui n'est pas si loin, c'est déjà une «old news», comme on dit. Les gens passent à autre chose et c'est tant mieux. Après, il est vrai que j'adapte certains éléments, je glisse des références en lien avec le lieu où je joue, notamment avec la Suisse, que je connais très bien.

Comment est le public suisse?

Chaleureux, détendu et bienveillant. Plus que la Suisse, j'aime les Suisses. Je passe mes hivers à Champéry, c'est d'ailleurs là-haut que je crée mes spectacles et j'y tiens beaucoup. Ici, les gens aiment le texte, rient volontiers et sont bien dans leurs baskets.