Philippe Etchebest sonne l’alarme sur l’état de la restauration face au Covid-19

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15.4.2020 - 10:05

341032 STEPH / VISUAL Press Agency 2015-03-02 Paris France LE CHEF PHILIPPE ETCHEBEST ('TOP CHEF') - SOIRÉE 'SIDACTION' AU MUSÉE DU QUAI BRANLY. || 341032
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Si les Français se demandent pourquoi rouvrir les écoles et pas les restaurants et cafés au 11 mai, les établissements du secteur aussi. Philippe Etchebest a expliqué à C à Vous que la situation est catastrophique pour la profession.

C’est un cri d’alerte que lance Philippe Etchebest sur sa profession. Le restaurateur, également juge de Top Chef, a expliqué que « la situation est catastrophique » lors de son passage dans C à Vous lundi (13 avril 20).

En ne rouvrant pas les établissements de l’hôtellerie et de la restauration, les propriétaires comme les employés sont aux abois. « Au mois de mars, 30% des restaurateurs n’ont pas pu payer leurs salariés. Au mois d’avril, il y en aura plus. On estime à 70% les restaurateurs qui ne pourront pas payer leurs salariés », a-t-il annoncé avant d’expliquer concrètement l’impact que la situation a pour lui, meilleur ouvrier de France dont le restaurant Les Quatre colonnes à Bordeaux emploie 60 salariés. « J’ai avancé l’argent, je me suis engagé pour assurer mon personnel et subvenir aux besoins. Mais combien de temps ? Pendant combien de temps ? On est en plein cauchemar », a-t-il déclaré.

Des craintes partagées par le principal syndicat de l’hôtellerie-restauration, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). « Le président de la République a annoncé le pire des scénarios possibles pour notre secteur. La catastrophe économique est confirmée et si nous avions un doute, l’année 2020 est une année perdue pour les cafés, hôtels, restaurants et discothèques », a fait savoir l’Umih après l’allocution d’Emmanuel Macron de lundi. Le président de la République française a annoncé une prolongation du confinement jusqu’au 11 mai, avec la réouverture de certaines écoles, mais pas des lieux de divertissement ni de restauration. Le syndicat estime que 30% à 40% des établissements pourraient disparaître dans les prochains mois et de rappeler que les plans mis en place pour l’instant, comme les 1.500 euros mensuels accordés aux PME, sont insuffisants. « Beaucoup de nos entreprises n’ont pas droit au chômage partiel et les prêts bancaires ne sont que des avances qui devront être remboursées un jour », a expliqué Hervé Becam, le vice-président de l’Umih, à Libération.

Philippe Etchebest, de son côté, pense également aux restaurateurs en difficulté qu’il a aidés dans Cauchemar en cuisine, son émission diffusée sur M6. « Ils avaient peut-être une chance de s’en sortir après mon intervention mais là, je crois que c’est définitivement mort », a-t-il déclaré.

Les bars, de leur côté, ont lancé une action « J’aime mon bistrot ». Les clients peuvent pré-commander leurs consommations en avance en vue de la réouverture des établissements qui se sont inscrits sur la plateforme dédiée. Une façon de continuer à apporter un soutien financier à ces lieux de vie, en attendant que le gouvernement annonce un plan concret, à défaut d'une reprise d'activité rapide.

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