Une liaison marquante Qui est Jacqueline Chabridon, cette maîtresse qu’aimait tant Chirac?

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1.10.2019

Peu connue du grand public, Jacqueline Chabridon a vécu une grande histoire d’amour avec Jacques Chirac. Marié depuis sa jeunesse avec Bernadette, l’ancien président français a entretenu cette liaison ardente durant deux ans. Une période durant laquelle rien ne semblait trop beau pour celle qui faisait battre son cœur. Qui était Jacqueline Chabridon pour Jacques Chirac? Entre passion et raison, qu’a-t-elle représenté pour l’ancien chef d’Etat français, décédé le 26 septembre 2019?

Jacques Chirac a vécu une vie de séducteur.
Jacques Chirac a vécu une vie de séducteur.
Keystone

Fonceur, Jacques Chirac ne faisait rien à moitié. Conquérir les suffrages du peuple français et gouverner la France furent des objectifs qu’il a su relever. Mais l’ancien chef de l’Etat français semblait aussi, dans sa vie personnelle, vivre passionnément. Marié pendant quelque 60 années à Bernadette, Jacques Chirac était connu pour être amoureux des femmes, et avoir eu plusieurs histoires extraconjugales. Parmi celles-là, Jacqueline Chabridon, une journaliste rencontrée par hasard dans le cadre d’une interview, et avec laquelle il a entretenu une importante relation. Qui est cette femme qui a marqué la vie de l’ancien président français?



Bernadette Chirac face à l’infidélité

Le parcours politique de Jacques Chirac a été marqué par de nombreuses conquêtes. Bien que marié six décennies avec Bernadette Chirac, sa vie amoureuse a aussi été jalonnée par des histoires d’amour illégitimes. Profondément attaché à sa femme durant toutes ces années, Jacques épousa Bernadette en 1956, et resta quelque six décennies à ses côtés. «Ce n’était pas qu’un mariage d’amour, mais un mariage d’ambition», déclarait l’ancienne première dame en 2015, rapporte «RTL».

Evoluant elle aussi dans les sphères de la politique, le couple se correspondait en tous points, et avait su rester soudé dans les drames familiaux qu’il avait traversés. C’est pourquoi leur union n’a jamais été remise en question. Bernadette Chirac semble pourtant avoir souffert de la situation. «Les filles, ça galopait, je les connais toutes», avouait-elle encore en 2001. Conciliante, résolue ou tout simplement amoureuse? «Face à l’infidélité de son mari, Bernadette oscille entre un «fatalisme mélancolique» et la «jalousie», brandissant à plusieurs reprises la menace du divorce», expliquait la journaliste Candice Nédèlec. Bernadette n’est pourtant jamais passé à l’acte, même lorsque la liaison entre son mari et Jacqueline est devenue sérieuse.

Jacqueline Chabridon, une rencontre surprenante

Parmi les idylles vécues par l’ancien président, Jacqueline Chabridon a sans doute été la plus marquante. C’est en décembre 1974 à Clermont-Ferrand que Jacques Chirac, alors Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, rencontre par hasard la journaliste de 35 ans, retrace «Gala». Travaillant notamment pour le «Figaro» et venue réaliser un portrait du politicien, cette jeune femme «rieuse, audacieuse, festive» – tout comme lui –, le séduit immédiatement, raconte l’historien politique Jean Garrigues. «Si l’on en croit l’anecdote, leur idylle se serait nouée au moment du traditionnel banquet républicain, quand il l’avait défiée d’avaler aussi vite que lui l’une des dizaines de têtes de veau alignées sur le buffet. ‘Le premier qui la mange en entier a gagné, proposa Chirac. Vous êtes prête, chère madame?’», aurait trivialement lancé l’amateur de bonne chère. Selon la «légende», le challenge relevé par la jeune femme aurait conquis l’ancien président.

Commença alors une intense histoire d’amour, qui durera jusqu’à ce que Chirac décide de rompre, deux ans plus tard. L’homme politique veut devenir président de la République française et ne peut aspirer à la plus haute fonction en menant une double vie…



Plus qu’une simple liaison…

Entre eux deux, l’attirance quasi immédiate donne à cette relation professionnelle un nouveau tournant, rapporte encore «Gala». Car, si de nombreuses femmes ont traversé la vie de l’homme de pouvoir, Jacqueline Chabridon sera finalement plus qu’une simple maîtresse. Certes éphémère, elle sera, en quelque sorte, son second amour. Un amour pour lequel le futur président louera un appartement à Paris, à deux pas de Matignon – la résidence du Premier ministre –, afin de pouvoir entretenir sa relation dans les meilleures conditions, et à l’abri des regards. Une grande complicité entre les tourtereaux et beaucoup d’attentions de la part d’un homme amoureux, qui négligera même, pour un temps, Bernadette, relate Jean Guarrigues dans son ouvrage «Une histoire érotique de l’Élysée: de la Pompadour aux paparazzis».

Rien n’était trop beau pour ce nouvel amour

Parmi les cadeaux romantiques que le Don Juan offrait à sa dulcinée, des livres de poèmes intemporels. «Amateur caché de lettres et de poésie, Jacques Chirac aimait offrir à sa belle des volumes de La Pléiade», se remémore l’historien. De la littérature amoureuse mais aussi des escapades cocasses: «Un soir, il fit ouvrir à 23 heures la boutique Cardin de l’avenue Montaigne pour lui offrir un pull chasuble bleu nuit qui lui allait à ravir. “Si tout le monde connaissait cette relation adultère, c’est aussi que Jacques Chirac ne s’en cachait pas, ou si peu: “Une autre fois, il l’emmena en escapade à La Rochelle où, vêtu d’un blue-jean et coiffé d’une perruque, il déjeuna sur le port avec sa maîtresse». Visiblement, rien n’était trop beau pour combler cette femme qui l’avait fait chavirer… Même pas profiter de son influence politique comme alibi: «(…) Il organisa un voyage officiel aux Antilles en pleines fêtes de Noël, organisant des points presse sans véritable motif, juste pour la voir».

Bernadette, dans l’ombre de Jacqueline

A l’heure où Internet et les réseaux n’existaient pas encore, la spontanéité de Jacques Chirac pouvait s’exprimer librement, sans peur du qu’en-dira-t-on. Un jour, il alla même jusqu’à réunir sa femme Bernadette et sa maîtresse Jacqueline, le temps d’un voyage en Inde, au Taj Mahal: «On raconte que la visite au Taj Mahal – temple de l’amour – vira au vaudeville car Bernadette, surnommée «la Tortue» par son mari, lambinait à l’arrière du cortège, tandis que Jacques ouvrait la marche, sa maîtresse tout près de lui. «On avait l’impression qu’ils faisaient l’amour, c’était gênant!», témoigne la journaliste Catherine Nay. Inconscient ou négligeant, en tous cas amoureux, le politique avait même, peut-être sans le vouloir, fait du tort à sa femme légitime: «Au moment de partir, Chirac monta dans la voiture officielle… oubliant même son épouse». Grâce à son self-control légendaire, la future première dame avait néanmoins su rester digne et garder son chagrin pour elle.

Une douloureuse rupture

Jacques Chirac était un homme de droite gaulliste. Jacqueline Chabridon était, quant à elle, une journaliste marquée à gauche, plutôt socialiste. Le futur candidat à la présidentielle française craignait non seulement que ce décalage politique ne nuise à son ascension politique. Mais il s’inquiétait aussi qu’un possible divorce ne mette à mal sa carrière. C’est ainsi que, selon «Gala», Marie-France Garaud, sa conseillère d’alors l’aurait prévenu: «On ne divorce pas quand on veut atteindre les plus hautes fonctions».

Peut-être infondés, ces motifs ont néanmoins eu raison de l’idylle. L’amour entre eux aura été si fort que Jacqueline fit une tentative de suicide peu de temps après, en 1976. A l’époque, Jacques Chirac ne lui aurait pas rendu visite… Proche de Jacqueline Chabridon, Simone Veil, alors ministre de la Santé du gouvernement Chirac, avait pourtant mis en garde cette dernière: «Il ne quittera jamais ni sa femme ni son château. Vous êtes sa petite pauvre…». L'amour a ses raisons que la raison ne connaît pas, même en politique.

Jacques Chirac en images

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