Depuis 2004

Fin de l'aventure «Plus belle la vie» sur France 3 en novembre

AFP

5.5.2022 - 23:09

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5.5.2022 - 23:09

Le couperet est tombé au Mistral: France Télévisions arrêtera en novembre la diffusion de «Plus belle la vie», à l'écran depuis 2004, a-t-elle annoncé jeudi à l'AFP, invoquant l'évolution des «attentes des téléspectateurs» et de «la consommation des programmes».

La direction du groupe public a fait le déplacement jeudi à Marseille pour annoncer aux équipes de «PBLV» que «cette saison serait la dernière», avec une fin du tournage prévue fin septembre.

«Ça y est, c'est le clap de fin», a déploré auprès de l'AFP Thierry Lavaille, technicien et délégué syndical FO, dans les studios de la Belle de Mai, où l'inquiétude régnait depuis février. «Les techniciens sont abasourdis», a abondé le cégétiste Tancrède Péchon. 

«Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est surtout les centaines d’emplois que ça génère, ce sont bien évidemment des professionnels, des intermittents du spectacle, des acteurs, des techniciens», a réagi Benoît Payan, le maire socialiste de Marseille sur Franceinfo. Il rencontrera vendredi les dirigeants de France Télévisions (FTV).

Avec plus de 4.500 épisodes, PBLV est devenue «la série française quotidienne la plus longue de l'histoire», a salué FTV, jugeant «nécessaire» un renouvellement de l'offre. 

Thèmes sociétaux

«On a vécu une histoire très forte avec +Plus belle la vie+», a déclaré à l'AFP son numéro 2, Stéphane Sitbon-Gomez, à l'issue d'une journée «difficile, émouvante», mais le succès «s'est érodé», avec des audiences tombées à 2,7 millions de téléspectateurs sur 2021-2022, loin des quelque 7 millions dans les années 2000.

Après avoir été «pionnier» dans le genre des soaps quotidiens à la production industrielle, qui ont essaimé sur TF1 ("Ici tout commence», «Demain nous appartient") et France 2 ("Un si grand soleil"), France Télé entend investir «les mini-séries et les séries internationales» pour «faire rayonner Marseille et sa région», et promet un «suivi individualisé» à chacun de ses «auteurs, comédiens, techniciens»...

Au programme, notamment, «La rue des condamnés», une mini-série sur la peste à Marseille au 16e siècle, et «Marianne», sur une juge «incarnée par Marilou Berry», ainsi qu'un «spin-off de Plus belle la vie» en première partie de soirée. En outre, tournée à Sète, la série «Candice Renoir» le sera désormais à Marseille.

France Télé s'est ainsi «engagé à compenser au centime près, soit 30 millions d'euros par an, le montant du tournage» de PBLV, a commenté, «dans un sens soulagé», Thierry Lavaille, qui y travaille depuis 17 ans.

Marque à reprendre?

«Il faudra que ce soit écrit noir sur blanc car on parle de 800 emplois», a tempéré Jean-Marc Coppola, maire-adjoint de Marseille chargé de la Culture, dénonçant un délai «un peu court pour se retourner» et une décision «à l'opposé» des promesses d'Emmanuel Macron «d'investir sur l'audiovisuel» dans sa ville.

«On assurera nos responsabilités pour que tout se passe le plus humainement possible» a déclaré à l'AFP le directeur général du groupe de production Newen France, Vincent Meslet.

Après des débuts timides, le quotidien des habitants du quartier fictif du Mistral est devenu un phénomène en collant à l'actualité et en s'emparant de thèmes sociétaux: PBLV a ainsi mis en scène le premier mariage gay de la télévision française en mai 2013, onze jours après la promulgation de la loi l'autorisant, ou abordé le thème de la transidentité en faisant jouer un acteur transgenre en 2018.

Elle a parfois suscité la polémique, en montrant comment rouler un joint, l'utilisation de poppers ou en représentant, selon des associations féministes, la GPA (illégale en France) de façon favorable.

Mais «Plus belle» a surtout marqué «plusieurs générations», «un Français sur trois» lui ayant été «fidèle à un moment ou un autre», selon Vincent Meslet. 

Au point d'intéresser d'autres chaînes ou plateformes? «C'est beaucoup trop tôt» pour le dire, répond Vincent Meslet.

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