Américains et Européens resserrent les liens 

ATS

29.9.2021 - 21:56

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29.9.2021 - 21:56

Responsables américains et européens réunis à Pittsburgh ont affiché mercredi leur volonté de coopérer sur le commerce et la technologie. Ce malgré les tensions et divergences persistantes comme sur l'acier et, avec en toile de fond, les distorsions commerciales de la Chine.

Secretary of State Antony Blinken attends a roundtable during the inaugural meeting of the United States-European Union Trade and Technology Council (TTC) at the Hazelwood Green Mill 19 building, Wednesday, Sept. 29, 2021, in Pittsburgh. (AP Photo/Rebecca Droke)
Le secrétaire d'Etat Antony Blinken lors de la réunion
KEYSTONE

Signe que les Américains souhaitent retisser le lien de confiance perdu, le secrétaire d'Etat Antony Blinken participe lui-même à la réunion du TTC aux côtés de Gina Raimondo, la secrétaire au Commerce, et Katherine Tai, la représentante au Commerce. Côté européen, Valdis Dombrovskis et Margrethe Vestager, tous deux vice-présidents de la Commission européenne, ont fait le déplacement.

UE et USA devaient publier en commun dans l'après-midi un texte reconnaissant l'importance de leurs relations bilatérales pour la croissance économique tout en listant une série de problématiques à régler notamment la pénurie de semi-conducteurs.

Dans le document que l'AFP a pu parcourir, l'UE et les États-Unis soulignent également l'importance des droits des travailleurs, des chaînes d'approvisionnement durables et de la lutte contre le changement climatique. Une manière de se différencier de la Chine.

Le choix de Pittsburgh en Pennsylvanie, capitale sidérurgique reconvertie dans la tech, pour accueillir la première réunion du conseil UE-États-Unis sur le Commerce et la Technologie (TTC) est symbolique puisque Européens et Américains sont aussi en discussions pour régler leur différend sur l'acier et l'aluminium, qui polluent leurs relations commerciales depuis plus de trois ans.

L'heure tourne

Washington et Bruxelles ont fait savoir avant même la tenue de la réunion que la résolution de ce conflit, provoqué par l'imposition, en juin 2018, de droits de douane punitifs de 25% sur l'acier européen et de 10% sur l'aluminium européen au nom de la sécurité nationale des États-Unis, ne faisait pas partie des discussions à Pittsburgh.

Mais ce dossier est présent dans tous les esprits car l'heure tourne désormais et un accord doit être trouvé d'ici début novembre pour éviter une hausse de nouveaux tarifs douaniers côté européen.

Sa résolution, en marge de cette réunion, serait le signal que la relation transatlantique repart sur de bonnes bases après les nombreux coups de canif américains au contrat de confiance qui a commencé sous l'ère Trump et s'est poursuivi avec Joe Biden récemment.

Le président démocrate a suscité récemment le courroux en retirant de Kaboul des troupes américaines sans préavis, fin août. Puis, l'annonce de la mise en oeuvre d'un pacte de sécurité entre les États-Unis, l'Australie et la Grande-Bretagne, sans aucune consultation des Européens, a achevé de mettre en doute sa volonté de coopération.

Impulsion politique

S'agissant de la pénurie mondiale des semi-conducteurs, très pénalisante pour les entreprises de part et d'autre de l'Atlantique, aucune annonce concrète n'est attendue si ce n'est une impulsion politique pour travailler ensemble, échanger les informations notamment sur les capacités industrielles européennes et américaines. Washington et Bruxelles veulent augmenter leurs capacités de production afin de diminuer leur dépendance vis-à-vis de l'Asie.

Avant son départ pour la Pennsylvanie, Valdis Dombrovskis a expliqué depuis Washington que le TTC était organisé autour de dix groupes de travail pour passer au crible des sujets aussi divers que sensibles dont la régulation des plates-formes numériques, l'encadrement de l'intelligence artificielle (IA), le contrôle des investissements étrangers, les exportations stratégiques, et surtout la pénurie de semi-conducteurs.

«Valeurs démocratiques»

Dans le projet de texte final que l'AFP a pu voir, l'UE et les États-Unis soulignent l'importance de l'IA dans l'amélioration de la vie quotidienne mais «affirment leur volonté et leur intention (...) de mettre en oeuvre des systèmes d'IA innovants dignes de confiance et respectant les droits humains universels et les valeurs démocratiques».

Outre les semi-conducteurs, les pratiques commerciales inéquitables comme les subventions ou le transfert de technologies forcé sont au coeur des discussions, avec en toile de fond la politique commerciale à mener vis-à-vis de la Chine. Sans citer Pékin, UE et États-Unis assurent vouloir «travailler ensemble pour lutter contre les politiques et les pratiques qui faussent les échanges commerciaux», selon le projet de texte.

Pour l'heure, l'administration Biden s'inscrit dans le sillage de son prédécesseur Donald Trump en prônant la fermeté envers Pékin et en maintenant les tarifs douaniers. Sur ce point, Valdis Dombrovskis a pris ses distances mardi soulignant que le TTC n'avait pas vocation à cibler un pays en particulier.

ATS