France voisine

Démarrage difficile pour le RER strasbourgeois

ATS

20.1.2023 - 15:29

Retards, annulations et manque de communication. Le premier RER hors Ile-de-France connaît un démarrage difficile depuis son lancement le 11 décembre autour de Strasbourg.

Le RER strasbourgeois a connu de nombreux retards et annulations de trains et cela indépendamment de la grève de jeudi.
Le RER strasbourgeois a connu de nombreux retards et annulations de trains et cela indépendamment de la grève de jeudi.
ATS

ATS

20.1.2023 - 15:29

Le Réseau express métropolitain européen (Reme) prévoyait la mise en service de 800 trains supplémentaires par semaine dès le mois de décembre, des amplitudes horaires élargies de 5h à 23h, un cadencement important, ainsi qu'une fréquence maintenue le week-end. Plus d'un mois après, seuls 400 trains supplémentaires relient actuellement les 95 gares concernées.

«La mise en service est chaotique», dénonçait dès le 23 décembre la CGT. Plus d'une cinquantaine de trains étaient supprimés chaque jour, selon les chiffres consultés par la Fédération nationale des associations d'usagers des transports dans le Grand Est (Fnaut).

Un désordre tel qu'après une semaine la SNCF a mis en place un «plan de transport adapté» jusqu'à la fin décembre, en clair une réduction du nombre de trains qui a été prolongée jusqu'au 3 février. L'objectif de passer de 2979 TER par semaine dans le Bas-Rhin à 4116 d'ici août 2023 paraît désormais lointain.

Selon une fonctionnaire qui habite en banlieue,"il y avait avant quatre trains qui me permettaient d'arriver à 9h à Strasbourg. Aujourd'hui, je n'en ai plus que deux», déplore-t-elle. Elle a été contrainte de reprendre sa voiture.

Pétition

Un groupe Facebook, fort de 12'000 membres et qui permet d'échanger des informations sur les retards et les suppressions de trains, a été constitué. Une pétition a recueilli début janvier 2600 signatures. «Nous demandons le remboursement total des abonnements» de décembre et janvier. Au point où nous en sommes, nous préférons même un retour aux cadencements et horaires avant le réseau express», a expliqué Vanessa Mikuczanis, à l'origine du texte.

En réaction, la SNCF a annoncé le 13 janvier «la prise en charge de 50% des abonnements Reme pour trois mois», de février à avril. La société de transport souhaite également mettre en vente 1'500'000 billets à petits prix, pour les usagers occasionnels.

Des dispositions jugées «insuffisantes» par François Giordani, président de la Fnaut Grand-Est. «Les usagers ont déjà payé pour un service qui ne fonctionne tout simplement pas». Selon lui, «la SNCF n'a pas su s'organiser. Mais l'Eurométropole de Strasbourg (EMS) et la Région n'ont pas tenu compte des alertes des syndicats sur le manque de personnel et de matériels».

La SNCF «a reconnu des défaillances dans l'organisation mais continue d'affirmer détenir les ressources nécessaires» pour faire fonctionner le service, rapporte Thibaud Philipps, vice-président (LR) de Région chargé des transports. La Région et l'EMS menacent désormais de «réévaluer leurs contributions» d'ici la fin de l'année. Actuellement, l'une comme l'autre payent le service du Reme 500'000 euros par mois.

ATS