L'arrêt de centrales nucléaires françaises touche le marché suisse

ATS

23.12.2021 - 19:08

Le marché suisse de l'électricité se retrouve sous pression, du fait de l'arrêt ces derniers jours d'une quinzaine de réacteurs nucléaires en France, sur les 56 que compte l'Hexagone. Ils sont arrêtés pour des travaux de maintenance ou en raison de pannes.

FILE - This Feb.21, 2020 file photo shows the nuclear complex in Fessenheim, eastern France. Nuclear workers lamented the switching off Monday of France's oldest nuclear reactor, a closure celebrated by anti-nuclear campaigners. The last of two 900-megawatt reactors at Fessenheim was being powered down and disconnected from the grid overnight, part of a policy shift to reduce France's world-leading dependence on nuclear power. (AP Photo/Jean-François Badias, File)
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KEYSTONE/AP Photo/Jean-François Badias, File

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23.12.2021 - 19:08

Dans un contexte déjà tendu, les tarifs de gros ont pris l'ascenseur, atteignant des niveaux inédits. «C'est du jamais vu, les prix sont dix fois plus chers qu'en 2015», signale Nicolas Charton, directeur du cabinet lausannois E-Cube Strategy Consultants, jeudi dans les colonnes de la Tribune de Genève.

Aux incertitudes liées aux livraisons de gaz russe en Europe et à la cherté du pétrole sont venus s'ajouter les problèmes du parc nucléaire français.

«Avec l'indisponibilité de quatre centrales supplémentaires d'une puissance totale de 6000 MW, les prix français ont sensiblement augmenté par rapport à ceux des pays voisins», relève Simon Witschi, chef de la section Secrétariat de la Commission fédérale de l'électricité (Elcom).

En l'espace d'une semaine, le mégawattheure (MWh) a pu prendre entre 100 et 200 euros, et dépasse désormais les 400 euros, indique M. Charton. Face à ces hausses de prix, certains industriels gourmands en électricité envisagent une suspension temporaire de leur activité.

Approvisionnement pas menacé

«La sécurité de l'approvisionnement en électricité du pays n'est pas menacée pour l'instant», estime M. Witschi, assurant que la production en Suisse, mais aussi en Allemagne et en Italie, est suffisante.

Selon le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (Detec), plusieurs facteurs devraient s'accumuler avant de parvenir à une pénurie. «L'indisponibilité de 30% du parc nucléaire français en fait partie, et on y est», note M. Charton.

De son côté, l'Elcom anticipe une baisse des cours de l'électricité au printemps. «Il existe néanmoins des risques résiduels, par exemple en cas de pannes prolongées de centrales en France ou d'indisponibilité de centrales en Suisse», prévient son responsable.

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