L'ONU veut un accord mondial sur la dette

ATS

23.4.2020 - 17:06

Le directeur de la division de la mondialisation à la CNUCED Richard Kozul-Wright appelle à davantage d'efforts sur la dette des apys en développement par les Etats riches et veut une nouvelle organisation internationale sur cette question (archives).
Source: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Le paiement de la dette des pays en développement va s'envoler jusqu'à 3400 milliards de dollars cette année et en 2021. L'ONU a estimé jeudi à Genève «inévitables» des défauts. Elle appelle à lancer une nouvelle organisation internationale sur cette question.

En moyenne, le paiement annuel dû dans les pays en développement en lien avec la dette atteint 10% des revenus publics, a expliqué à la presse le chef de la division de la mondialisation à la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) Richard Kozul-Wright. Mais cette part peut même s'établir à 20% ou davantage dans certains d'entre eux.

En pleine pandémie, certains dépensent davantage sur le paiement de la dette que sur les investissements dans la santé. Or, ils vont être aussi confrontés aux effets économiques de la pandémie. L'investissement étranger direct (IED) et les fonds reculent et le commerce est plus difficile avec une augmentation du prix des marchandises et l'interruption de l'approvisionnement.

Les Etats en développement devront obtenir des annulations de dette pour bénéficier des ressources dont ils ont besoin pour faire face à la pandémie, estime la CNUCED dans un rapport. Il y a quelques semaines, elle avait aussi appelé à un paquet de 2500 milliards de dollars pour assister ces pays.

Centaines de milliards de dollars

La communauté internationale doit décider de «davantage d'étapes», selon le secrétaire général de la CNUCED Mukhisa Kituyi. La crise a rendu la dette des pays en développement plus chère.

S'il salue les «appels récents à la solidarité internationale», M. Kozul-Wright déplore qu'ils soient insuffisants et n'aient pas été suivis d'effets. Il redoute aussi que les fonds que le G20 veut injecter face à la crise n'atteignent pas du tout les pays en développement. Or, ceux-ci sont confrontés à des impacts «immédiats» de la pandémie, ajoute-t-il.

La CNUCED appelle à des arrêts provisoires aussi longtemps qu'ils seront requis, des annulations de la dette et des mécanismes de restructuration. Le Fonds monétaire international (FMI) et le G20 ont annoncé il y a quelques jours des dispositifs. Mais le second n'offre que des suspensions de dette qui devra être remboursée plus tard. Selon les estimations, les besoins dépassent largement des centaines de milliards de dollars.

Dialogue entre différents Etats

Plus encore, la CNUCED souhaite que les Etats utilisent leur poids pour convaincre les acteurs privés, auxquels les pays en développement doivent la majorité de leur dette, de contribuer. Elle veut aussi une nouvelle Autorité internationale sur la dette des pays en développement (IDCDA).

Selon M. Kozul-Wright, les Etats riches ont saisi l'importance de collaborer et une discussion sur cette plateforme peut avoir lieu avec eux. Un dialogue a été mené récemment entre certains d'entre eux et des pays en développement.

Le pape a lancé un appel et l'ONU peut contribuer, ajoute aussi M. Kozul-Wright. Des efforts sur la dette sont «dans l'intérêt» de ces Etats riches qui devront trouver des possibilités de croissance et de commerce avec les pays moins aisés, dit le responsable de la CNUCED.

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