La candidature de Genève recalée pour le siège de l'ISSB

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5.11.2021 - 09:10

Coup d'arrêt pour les ambitions de Genève dans le domaine de la finance durable. La fondation IFRS a recalé la candidature de la Cité de Calvin, qui ambitionnait d'accueillir le siège du Conseil des normes internationales d'information sur la durabilité (ISSB).

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5.11.2021 - 09:10

"Notre candidature basée sur un partenariat public-privé a fait forte impression au plus haut niveau et nous avons espéré jusqu'au bout l'emporter, mais quand il s'est avéré que le siège serait attribué à un membre européen du G7, la candidature genevoise sortait de l'équation" (archives).
ATS

Fin août, le Département fédéral des finances (DFF) a déposé la candidature de la Ville de Genève, présentée comme un «emplacement idéal». «Bénéficiant d'un rayonnement à l'échelle planétaire en raison de sa proximité unique avec d'importantes organisations internationales ou non gouvernementales, Genève est reconnue dans le monde entier comme un lieu de négociation indépendant et neutre», affirmait alors le DFF.

En 2019, la ville du bout du lac a accueilli la première édition de la semaine Building Bridges, un événement dont l'objectif consiste à faire le lien entre la Genève internationale et la place financière afin de promouvoir des projets durables. Après une pause imposée par le Covid en 2020, la deuxième édition se tiendra à la fin du mois. La taxonomie dans la finance durable – c'est-à-dire l'établissement de standards internationalement reconnus – figure parmi les priorités cette année.

Ces arguments n'ont visiblement pas suffi. La décision est tombée mercredi lors du Sommet pour le climat COP26 à Glasgow, en Ecosse. Pilote du projet ISSB, la fondation américaine International Financial Reporting Standards (IFRS) – architecte des normes comptables désignées par son acronyme – a annoncé au détour d'un communiqué que le siège du Conseil des normes serait à Francfort.

«Décision politique»

La décision de recaler Genève serait politique, rapporte vendredi Le Temps, citant «plusieurs sources». L'Union européenne aurait «mis les pieds au mur» afin que la candidature suisse soit écartée en raison des tensions institutionnelles entre Bruxelles et Berne, affirme l'article.

«Notre candidature basée sur un partenariat public-privé a fait forte impression au plus haut niveau et nous avons espéré jusqu'au bout l'emporter, mais quand il s'est avéré que le siège serait attribué à un membre européen du G7, la candidature genevoise sortait de l'équation», explique Patrick Odier, président de Building Bridges et associé-gérant senior de la banque Lombard Odier, cité dans le quotidien genevois.

Sandrine Salerno, directrice de la faîtière Sustainable Finance Geneva, ne cache pas sa déception. «Il était très sensé que les normes comptables de l'avenir soient discutées dans un lieu de gouvernance mondiale comme Genève; certains pays auraient plus facilement accepté de négocier (...) dans un lieu qui pratique la neutralité active», déclare-t-elle au Temps.

Pour Patrick Odier, la Cité de Calvin continuera cependant à jouer un rôle important dans la finance durable. L'ISSB devra notamment travailler avec le World Economic Forum (WEF), qui est basé à Genève, rappelle le banquier.

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