Sergio Ermotti «UBS n'a pas à payer le prix de la disparition de Credit Suisse»

ys

18.6.2024 - 18:53

Le patron d'UBS Sergio Ermotti estime que sa banque ne peut être punie pour la déconfiture de Credit Suisse.

La fin de Credit Suisse a clairement montré qu'il n'y a «rien de pire qu'une banque qui, durant des années ne présente pas des bénéfices durables et dont la réputation est atteinte», a déclaré Ermotti (archives).
La fin de Credit Suisse a clairement montré qu'il n'y a «rien de pire qu'une banque qui, durant des années ne présente pas des bénéfices durables et dont la réputation est atteinte», a déclaré Ermotti (archives).
sda

18.6.2024 - 18:53

«Il ne faut pas déduire de la fin de Credit Suisse que la seule grande banque suisse qui subsiste doive payer le prix et être punie pour son importance globale», a-t-il déclaré selon le texte écrit d'une allocution prononcée mardi soir à l'Université de Lucerne.

La fin de Credit Suisse a clairement montré qu'il n'y a «rien de pire qu'une banque qui, durant des années ne présente pas des bénéfices durables et dont la réputation est atteinte». Aucun capital, aucune réglementation au monde ne peuvent aider dans une telle situation. C'est, selon M. Ermotti, l'une des plus importante leçon à tirer de la déconfiture du CS.

Il faut faire en sorte que cela ne puisse jamais se reproduire, a affirmé M. Ermotti. La Suisse a besoin d'un système bancaire dont les acteurs affichent la plus haute intégrité et commercent de façon durable.

Les banques locales ne suffisent pas

Le patron de la banque aux trois clés a souligné combien il est important pour la place financière suisse de conserver une présence à l'étranger. Qu'il n'y ait aujourd'hui plus qu'un établissement global en Suisse est regrettable. Cela implique pour UBS de continuer de s'imposer dans la concurrence globale.

Les centres financiers comme Hong Kong, Singapour et les Etats-Unis disputent agressivement la position de leader de la Suisse dans la gestion offshore de fortune. Selon les prévisions, Hong Kong dépassera la Suisse à partir de 2027 et Singapour se développe trois fois plus vite que la Suisse, a averti M. Ermotti. Il y a une dizaine d'années, Hong Kong et Singapour ne géraient à eux deux pas plus que la place helvétique.

Il serait faux de penser que des banques locales suffisent dans un environnement disputé de concurrence, a aussi averti M. Ermotti. Ce sont les centres financiers étrangers qui en profiteraient.

Le patron d'UBS estime qu'il y a beaucoup de voix mal informées, populistes et vectrices de crainte dans les médias, la politique et l'économie. Bien de ces voix ne voient que le danger d'une grande banque dans le pays. On oublie trop souvent les avantages que cela implique aussi.

Une place financière diversifiée avec une banque leader globalement reliée pour coeur assure aux entreprises et aux ménages suisses capital, conseil et savoir-faire, a encore souligné M. Ermotti.

ys