De moins en moins de vaches

Les éleveurs alertent sur une «pénurie» de boeuf français

ATS

25.1.2023 - 23:06

La baisse du nombre de vaches élevées en France se traduit par une «pénurie» de viande de boeuf française, et une hausse des importations, a alerté mercredi la fédération des éleveurs bovins (FNB).

La France a perdu 837'000 vaches (laitières et allaitantes) depuis 2016, dont 494'000 vaches allaitantes.
La France a perdu 837'000 vaches (laitières et allaitantes) depuis 2016, dont 494'000 vaches allaitantes.
FabioBalbi / IStock.com

ATS

25.1.2023 - 23:06

«On a le sentiment que la situation est en train de nous échapper», a déclaré lors d'une conférence de presse Bruno Dufayet, le président de la FNB. Cette fédération spécialisée du syndicat majoritaire FNSEA rassemble les producteurs de vaches allaitantes, c'est-à-dire élevées pour la viande.

Sur fond de départs à la retraite non remplacés, d'arrêts d'activité et d'aléas climatiques, le cheptel en France, premier producteur européen de viande bovine, se contracte: -11% en six ans.

La France a perdu 837'000 vaches (laitières et allaitantes) depuis 2016, dont 494'000 vaches allaitantes, a détaillé la FNB, citant des chiffres de l'Institut français de l'élevage (Idele).

Cette «décapitalisation», selon le terme utilisé dans la profession, aboutit à une «pénurie de viande bovine française» alors même que la consommation est stable, a souligné Bruno Dufayet.

Boeuf polonais

Résultat: les industriels, qui abattent moins de vaches françaises, importent de la viande, notamment depuis la Pologne, pour faire tourner leurs usines de transformation et alimenter le marché national.

Selon une note de conjoncture de l'établissement FranceAgriMer, les importations de viande bovine ont augmenté, en septembre 2022, de 15,3% sur un an. Un quart du boeuf consommé en France est importé, contre moins de 20% quelques années plus tôt.

«Les ovins ont connu ça dans les années 1980», a relevé M. Dufayet, rappelant que plus de la moitié de la viande d'agneau consommée en France est aujourd'hui importée.

Selon l'éleveur du Cantal, les industriels commencent seulement à se soucier du manque de matière première, dans la mesure où les abattoirs étaient jusqu'ici largement alimentés par les éleveurs souhaitant se séparer de leurs bêtes.

«Désormais la sécurité d'approvisionnement de chaque entreprise est en jeu», a affirmé Emmanuel Bernard, vice-président de la FNB et président de la section bovine de l'interprofession de la viande Interbev.

Le président de la FNB a rappelé que les abatteurs étaient tenus depuis un an de leur proposer des contrats. Ceux-ci auraient le mérite «de sécuriser le revenu des producteurs et l'approvisionnement» des abattoirs.

«On n'inversera pas la tendance, mais on doit essayer d'enrayer» la baisse du cheptel, a plaidé l'éleveur.

ATS