Optimisme

Les prix du pétrole chutent après les pourparlers d'Istanbul

vj

29.3.2022 - 16:24

Les prix du pétrole dégringolaient de plus belle mardi, alors que Moscou a fait part de son projet de réduire son activité militaire en Ukraine après des pourparlers russo-ukrainiens «substantiels» à Istanbul. Le baril de WTI américain passait même sous la barre des 100 dollars.

Un voiture passe a coter des prix de l'essence qui sont affiches dans une station-service Shell, ce jeudi 10 mars 2022 a Geneve. Les prix de l'essence sont a un niveau sans precedent, la raison etant l'augmentation du prix du petrole brut, qui est due a la guerre en Ukraine. (KEYSTONE/Martial Trezzini)
Ces dernières semaines, les prix de l'essence se sont envolés.
KEYSTONE

vj

29.3.2022 - 16:24

Vers 14h35, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence européenne, pour livraison en mai, lâchait 6,34% à 103,35 dollars. Quant à celui de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison le même mois, il cédait 6,37% à 99,21 dollars.

«Les négociations sur un accord sur la neutralité et le statut non-nucléaire de l'Ukraine entrant dans une dimension pratique (...), il a été décidé, pour accroître la confiance, de réduire radicalement l'activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv», a déclaré à Istanbul le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine, à l'issue des discussions. Le chef de la délégation russe et représentant du Kremlin, Vladimir Medinski, a fait état de «discussions substantielles».

M. Medinski a ajouté que les propositions «claires» de l'Ukraine en vue d'un accord allaient être «étudiées très prochainement et soumises au président» Vladimir Poutine. Selon lui, une rencontre des dirigeants ukrainien Volodymyr Zelensky et russe Vladimir Poutine, et de représentants d'Etats garants, serait possible en cas d'accord pour mettre fin aux hostilités.

«En ce qui concerne une rencontre des deux présidents, nous avons dit depuis le début qu'elle sera possible lorsqu'il y aura un accord (...) La rencontre pourrait être multilatérale, avec la participation d'Etats garants», a-t-il dit. «Après la discussion substantielle d'aujourd'hui, nous nous sommes entendus et proposons que la rencontre se fasse pour parapher l'accord», a-t-il dit.

«À condition d'(effectuer) un travail rapide sur l'accord, et de trouver les compromis nécessaires, la possibilité de conclure la paix se rapprochera», a dit M. Medinski.

Baisse temporaire de la demande chinoise

«Les prix du pétrole ont subi des pertes considérables hier», a commenté Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank. À son plus bas, le Brent, référence européenne de l'or noir, chutait de près de 9%. «La fermeture de Shanghai, combinée à l'augmentation des cas de Covid en Chine, a ravivé les craintes que la nouvelle crise sanitaire ne s'étende et ne pèse davantage sur la demande chinoise de pétrole», explique Ipek Ozkardeskaya, analyste pour la banque Swissquote.

Shanghai, métropole de 25 millions d'habitants est devenue ces derniers jours l'épicentre chinois d'une nouvelle vague de contaminations, liée au variant Omicron. Depuis lundi, la moitié orientale de la ville est confinée pour quatre jours.

«De nombreux négociants en pétrole considèrent les replis des prix comme des occasions intéressantes de renforcer leurs positions longues», poursuit Ipek Ozkardeskaya. Car selon l'analyste, «la baisse temporaire de la demande chinoise ne devrait guère influer sur la dynamique de l'offre et de la demande à moyen terme» qui reste favorable à une hausse des prix.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés (Opep+), qui se réunit jeudi, ne devrait pas déroger à sa stratégie d'augmentation très modeste de sa production totale de pétrole.

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