Services financiers

Lourdement endetté, le chinois Huarong annonce un accord

afp

19.8.2021 - 09:03

China Huarong Asset Management est l'un des plus grands gestionnaires en Chine de créances douteuses (c'est-à-dire qui présentent une grande probabilité de non remboursement) (archives).
ATS

Le conglomérat financier China Huarong, l'un des groupes les plus endettés du pays et dont une faillite aurait des répercussions majeures sur l'économie, a annoncé un accord avec des investisseurs pour une recapitalisation.

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19.8.2021 - 09:03

China Huarong Asset Management est l'un des plus grands gestionnaires en Chine de créances douteuses (c'est-à-dire qui présentent une grande probabilité de non remboursement).

Elle fait partie des quatre entreprises créées en 1999 par le gouvernement chinois afin d'assainir le secteur bancaire. Le groupe s'est depuis diversifié dans l'investissement, les prêts et l'immobilier.

China Huarong, qui compte pour actionnaire principal le ministère chinois des Finances, emploie quelque 10.000 personnes.

L'entreprise, qui est lourdement endettée, n'a pas publié le détail de ses comptes en 2020. Et pour cette raison, la Bourse de Hong Kong a suspendu depuis avril les cotations de Huarong.

Le groupe a indiqué mercredi dans un communiqué avoir scellé un accord avec des investisseurs pour un renflouement. Parmi eux figure le fonds d'investissement public chinois CITIC Group.

Il s'agit «clairement d'un bon signal» alors que Pékin fait pourtant du désendettement une priorité, estime l'analyste Kamil Amin, pour la banque UBS.

Cela montre que «le soutien des entreprises d'Etat reste fort quand la stabilité financière est en jeu», relève-t-il à l'agence Bloomberg.

Aucun détail chiffré n'a cependant été donné pour cet accord qui reste sujet à un feu vert des régulateurs.

Huarong a par ailleurs fait état de 102,9 milliards de yuans (14,5 milliards de francs) de pertes en 2020, qu'il impute à la pandémie de Covid-19.

L'ancien patron de China Huarong, Lai Xiaomin, avait été condamné à mort en janvier pour corruption et «polygamie» par la justice chinoise, puis exécuté.

Cette sentence en Chine à l'encontre d'un haut responsable du secteur financier est inhabituelle.

Lai Xiaomin était accusé d'avoir touché plus de 215 millions d'euros de pots-de-vin et d'avoir détourné 3,1 millions d'euros de fonds publics.

Un an plus tôt, M. Lai avait fait des aveux à la télévision publique.

Des images d'un appartement de Pékin, supposé lui appartenir, avec coffres-forts et armoires remplies de liasses d'argent liquide, avaient alors été diffusées.

Lai Xiaomin, qui avait auparavant travaillé à la banque centrale et pour le gendarme des banques, assurait ne pas avoir «osé dépenser un seul centime».

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