France

M. Macron annonce un vaste plan nucléaire, en rupture avec 2017

js

10.2.2022 - 19:40

Le président français Emmanuel Macron a exposé jeudi l'objectif pour 2050 de construire six nouveaux réacteurs EPR de seconde génération et d'étudier la construction de huit réacteurs supplémentaires.
ATS

Le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi un vaste plan de relance nucléaire. Il a pour objectif pour 2050 de construire six nouveaux réacteurs EPR de seconde génération et d'étudier la construction de huit réacteurs supplémentaires.

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10.2.2022 - 19:40

Autre annonce, il veut «prolonger tous les réacteurs qui peuvent l'être», au-delà de 50 ans si possible, et éviter d'en fermer, une volte-face par rapport aux objectifs de 2018 d'en fermer une douzaine.

«J'ai pris deux décisions fortes: prolonger tous les réacteurs nucléaires qui peuvent l'être, sans rien céder sur la sûreté» et «qu'aucun réacteur nucléaire en état de produire ne soit fermé à l'avenir (...) sauf raison de sûreté», a-t-il dit à Belfort. Et de préciser avoir demandé à l'électricien français EDF «d'étudier les conditions de prolongation au-delà de 50 ans».

Pour les nouveaux réacteurs, «nous procéderons par paliers», a-t-il expliqué, avec une mise en service du premier EPR2 vers 2035. La filière devra développer de petits réacteurs modulables (SMR) et des réacteurs «innovants» produisant moins de déchets.

Hausse des besoins d'électricité

Au total, ces décisions à très long terme devraient aboutir à la mise en service de «25 gigawatts de nouvelles capacités nucléaires d'ici à 2050», une «révolution» justifiée par la hausse des besoins d'électricité. Ce sera une nette hausse par rapport aux quelque 61 GW du parc nucléaire français actuel, alors que la loi de programmation pluriannuelle de l'énergie de 2020 prévoyait la fermeture d'une douzaine des réacteurs les plus anciens.

«Il nous faut reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France», a-t-il lancé, en ironisant sur ses adversaires qui «affirment que nous n'aurions pas besoin de nucléaire».

«La décennie passée a été marquée par un doute international sur le nucléaire, une période de glaciation suite évidemment au terrible événement à Fukushima», a-t-il reconnu. «Certaines nations ont fait des choix radicaux dans cette période de tourner le dos au nucléaire. La France n'a pas fait ce choix, elle a résisté mais elle n'a pas réinvesti parce que ce doute était là».

«Rupture du temps passé»

Mais désormais, «il y a rupture du temps passé», les conditions sont maintenant réunies pour la renaissance du nucléaire».

«EDF, une entreprise de souveraineté, construira et exploitera les nouveaux EPR. Elle pourra compter sur le soutien de l'Etat pour mener à bien ce projet d'une ampleur inégalée depuis 40 ans dans de bonnes conditions financières et opérationnelles, a-t-il conclu, en promettant de débloquer «plusieurs dizaines de milliards d'euros».

Le président français a par ailleurs annoncé l'objectif ambitieux de doter la France d'une cinquantaine de parcs éoliens en mer en 2050 et de multiplier par deux la capacité de l'éolien terrestre, une augmentation plus lente que prévue.

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