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Suppressions de postes: grève des salariés de Sanofi près de Lyon

ATS

19.1.2021 - 18:17

Les salariés de Sanofi estiment n'avoir "rien à attendre de la direction".
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«Avant un vaccin, ils pensent à faire du fric», lance mardi un délégué CGT de Sanofi devant le site en grève de Marcy-l'Etoile, près de Lyon. Quelque 200 salariés se sont rassemblés pour protester contre des suppressions de postes.

Ce plan de départ confirmé lundi par le géant pharmaceutique prévoit notamment 400 suppressions de postes dans la branche en Recherche et Développement (R&D). «On n'a rien à attendre de la direction (...) L'ADN de Sanofi, c'est donner de l'argent à ses actionnaires, c'est toujours faire plus», déplore Tristan Teyssier, délégué CGT.

«Rien à attendre non plus de l'Etat. On a vu Macron sur le site, mais il était aux petits soins de la direction», ajoute-t-il, interrogé par l'AFP.

Réduire les effectifs, «c'est quand même lamentable pour un groupe comme Sanofi (...). Je pense que ça a choqué plein de monde, c'est 400 suppressions de postes dans la recherche, alors qu'on a besoin de chercheurs», poursuit ce technicien de maintenance.

Recherche démantelée

Marcy-l'Etoile, qui compte 3300 employés en CDI et 5000 en comptant tous les précaires et prestataires, produit des vaccins – celui de Sanofi-Pasteur contre le Covid-19 ne sera disponible qu'à la fin de l'année. C'est l'un des plus importants sites de R&D du groupe. La CGT a évalué mardi le nombre de grévistes à 300.

«On continue à démanteler la recherche et développement en France et ensuite on s'étonnera qu'on n'ait pas de vaccin ou de médicaments à mettre sur le marché français et mondial. C'est quand même assez paradoxal. Tout ça pour faire des économies», renchérit Brahim Aniba, technicien de contrôle, délégué Force ouvrière (FO).

Répartition de la richesse

Le mouvement de grève à l'appel de l'intersyndicale (CFTC exceptée) pourrait être reconduit mercredi. «Ce que l'on demande, c'est une répartition de la richesse juste pour tout le monde, une récompense des efforts faits depuis des années, entre les gens qui étaient sur site durant la période Covid, les gens qui étaient aussi en télétravail», relève Thierry Legrand, élu CFDT, responsable de flux.

Les 400 suppressions de postes en R&D correspondent «à ce qui a été annoncé en juin», avait indiqué lundi le président France de Sanofi, Olivier Bogillot. Le groupe a annoncé l'an dernier la suppression de 1700 emplois en Europe, dont un millier en France, correspondant à la stratégie mise en place par son nouveau patron, Paul Hudson.

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ATS