Etats-Unis La Fed devrait annoncer une nouvelle hausse des taux directeurs

afp

1.2.2023 - 16:11

La banque centrale américaine (Fed) devrait annoncer une nouvelle hausse des taux directeurs mercredi à l'issue de sa première réunion de l'année, mais d'un quart de point de pourcentage seulement, car l'activité économique et l'inflation montrent des signes de ralentissement.

L'objectif de ces hausses: pousser les banques à relever les taux d'intérêt des prêts aux ménages et entreprises. (archives)
L'objectif de ces hausses: pousser les banques à relever les taux d'intérêt des prêts aux ménages et entreprises. (archives)
KEYSTONE/AP/JULIA NIKHINSON

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1.2.2023 - 16:11

La Fed s'apprête à relever ses taux pour la huitième fois d'affilée depuis le mois de mars. Ceux-ci, qui se trouvaient alors à zéro, sont désormais compris dans une fourchette de 4,25 à 4,50%.

Mais après plusieurs hausses inhabituellement élevées, d'un demi-point de pourcentage, et même de trois-quarts de points, celle-ci devrait être plus habituelle: un quart de point seulement, soit 25 points de base.

Cela est «prudent compte tenu du ralentissement de l'inflation des salaires et des prix et des chiffres faibles de l'activité» économique, relève Steve Englander, économiste pour Standard Chartered et ancien économiste à la Fed.

Les membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) sont réunis depuis mardi matin. La réunion a repris mercredi «à 09H00 (14H00 GMT) comme prévu», a précisé un porte-parole de la Fed.

Leur décision sera annoncée dans un communiqué mercredi à 14H00 (19H00 GMT) et le président de l'institution, Jerome Powell, tiendra une conférence de presse trente minutes plus tard.

«Leur travail est terminé»

La santé du marché du travail, notamment, est observée de très près par la Fed, après deux années de pénurie de travailleurs qui ont fait grimper les salaires, en plein épisode de forte inflation.

En janvier, les conditions météorologiques ont fait ralentir les créations d'emplois dans le secteur privé, selon l'enquête mensuelle ADP/Stanford Lab publiée mercredi. Mais «nous voyons un marché du travail toujours solide», a précisé la cheffe économiste d'ADP, Nela Richardson, lors d'une conférence téléphonique.

Quant aux salaires, ils affichent une progression stable par rapport à décembre.

Un autre chiffre, publié mardi matin par le département du Travail, avait semblé persuader les économistes que l'inflation est désormais durablement sur la bonne voie: le coût moyen d'un salarié, avec une hausse au quatrième trimestre moins forte que celles des trimestres précédents.

Cela «contribuera probablement à convaincre la Fed de ralentir encore le rythme», estime ainsi Lydia Boussour, économiste pour EY Parthenon, dans une note.

«Les conditions du marché du travail devant nettement se détériorer, ce n'est qu'une question de temps avant que la croissance des salaires ne ralentisse de manière plus significative», ajoute-t-elle.

Ian Shepherdson, chef économiste pour Pantheon, estime même que «chaque nouvelle hausse des taux de la Fed (...) ne fait qu'augmenter le risque d'une récession totalement inutile».

Cette hausse pourrait donc, selon lui, être la dernière.

Car les pleins effets des hausses de taux mettent des mois à se faire sentir sur l'économie.

Eviter la récession

L'objectif de ces hausses: pousser les banques à relever les taux d'intérêt des prêts aux ménages et entreprises.

Face à l'inflation, qui a atteint en juin son plus haut niveau depuis plus de 40 ans, il était nécessaire de faire ralentir la consommation pour empêcher les prix de continuer leur escalade vertigineuse.

«Dans la mesure où nous partions de taux proches de zéro au printemps, il était nécessaire d'agir rapidement. (...) Il est désormais temps de ralentir le rythme, sans le stopper», avait déclaré, le 20 janvier, Christopher Waller, un gouverneur de la Fed.

L'inflation est ainsi tombée en décembre à 5,0% sur un an contre 5,5% le mois précédent, selon l'indice PCE, privilégié par la Fed, qui veut la ramener autour de 2%.

Une autre mesure de l'inflation, l'indice CPI, sur laquelle sont indexées les retraites, a aussi montré un fort ralentissement en décembre, à 6,5% sur un an contre 7,1%.

Mais la consommation étant le moteur de l'économie américaine, un resserrement trop fort pourrait conduire à une récession.

Pour Pierre-Olivier Gourinchas, le chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) qui a publié de nouvelles prévisions mardi, il y a toutefois encore «une possibilité étroite» pour que ce scénario soit évité.

Jeudi c'est la BCE qui se réunira. L'institution européenne a commencé plus tard que la Fed à relever ses taux, et devrait de nouveau les relever, et même laisser entrevoir d'autres hausses.

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