Bâtiments «plus habitables» 141 personnes ne retrouveront pas leur foyer à Sierre 

vs, ats

5.7.2024 - 15:50

Le quartier de Sous-Géronde à Sierre a été durement frappé par les intempéries, au point que des bâtiments ne sont plus habitables. Ainsi, 141 personnes ne pourront plus rentrer chez elles. La commune a mis sur pied un réseau d'aide.

La région de Sierre et Chippis a été fortement impactée par la crue du Rhône le week-end dernier. (Archives)
La région de Sierre et Chippis a été fortement impactée par la crue du Rhône le week-end dernier. (Archives)
ATS

5.7.2024 - 15:50

«Il s'agit de bâtiments datant du XXe siècle avec des fondations faites de briques et de mortier fragilisés», a indiqué vendredi devant la presse le président de la ville de Sierre Pierre Berthod. D'autres structures ont subi des dommages directs causés par les matériaux et les troncs charriés par le Rhône.

La Ville a dû ordonner une mesure d'éloignement de la zone en danger et d'interdiction d'accès aux bâtiments. Les personnes qui souhaitent récupérer des effets personnels doivent le faire sous la protection de civilistes.

«Nous allons accompagner ces personnes autant que faire se peut par les différents services de la Ville et le Centre médico-social régional», a souligné Pierre Berthod, qui a tenu à affirmer son soutien aux habitants sinistrés. Dès samedi, ils bénéficieront aussi d'un accompagnement par des assistants sociaux.

Un point d'aide a aussi été mis sur pied pour les personnes touchées dans un bâtiment de Sous-Géronde. Il est ouvert tous les jours de 09h00 à 20h00, sauf le dimanche.

Propriétaires responsables

Egalement directement touchées par la catastrophe, 168 autres personnes devraient pouvoir réintégrer leur domicile dès le début de la semaine prochaine. Leurs logements sont, par exemple, privés d'électricité où leur réseau d'évacuation des eaux n'est pas encore purgé.

Mais même si les divers services (électricité, gaz ou autres) seront rétablis, il revient aux propriétaires de sécuriser l'ensemble de leurs biens, avertit la Ville.

STEP presque opérationnelle

Concernant la station d'épuration des eaux usées de Sierre, mise hors-service par les intempéries, comme six autres STEP dans la région, «elle est aujourd'hui en partie opérationnelle», précise Pierre Berthod. Les travaux de remise en service continuent, et un contrôle du service valaisan de l'environnement (SEN) est prévu la semaine prochaine.

La Ville ne cache pas son inquiétude face aux pluies annoncées ce week-end. Les sols sont saturés d'eau, la nappe phréatique affleure et les troupes engagées depuis deux semaines «sont fatiguées». Pour mieux faire face à une éventuelle crue du Rhône, «nous avons posé des grands plots en béton provisoires», précise Pierre Berthod.

Les autorités appellent aussi la population à se conformer aux ordres des autorités. Le week-end dernier, certains habitants ont refusé d'obtempérer aux ordres d'évacuation, avant d'y être contraints, et cela ralentit les secours, constate le commandant du feu Lucien Cottier, qui exhorte les évacués à «faire confiance» aux secouristes.

Un président «fâché»

Pierre Berthod se dit fatigué, mais soulagé de ne pas avoir à déplorer de décès. Il se dit aussi reconnaissant de toute l'aide reçue, notamment des sapeurs-pompiers du Valais et de Suisse romande, des civilistes, de l'armée et de nombreux bénévoles.

«Mais je suis aussi un président triste et fâché», a-t-il confié. Triste pour les habitants du quartier dont la vie est bouleversée, et pour les entrepreneurs et industriels frappés par les inondations. Fâché par la non-réalisation de la mesure prioritaire de Sierre-Chippis dans le cadre de la 3e correction du Rhône.

«Lorsqu'une mesure considérée comme prioritaire depuis plus de 20 ans mais n'est pas réalisée, cela démontre non pas un problème de personne ou de choix individuels, cela relève d'un problème systémique quant à la capacité à prendre des mesures essentielles. Sierre invite l'Etat du Valais à analyser la situation, à effectuer un travail profond d'introspection et à opérer les mesures organisationnelles correctives», écrit la Ville dans un communiqué.

vs, ats