Au moins trois morts dans une attaque au couteau à Wurtzbourg

ATS

25.6.2021 - 19:31

ATS

25.6.2021 - 19:31

Trois personnes ont été tuées et cinq autres grièvement blessées vendredi lors d'une attaque au couteau "d'une incroyable brutalité" commise par un Somalien dans la ville bavaroise de Wurtzbourg, dans le sud de l'Allemagne. L'homme a semé la panique en centre-ville.

25.06.2021, Bayern, Würzburg: Rettungswagen sind in der Nähe des Tatorts zu sehen. Bei einer Messerattacke in der Würzburger Innenstadt sind am Freitag mehrere Menschen getötet worden. Weitere Personen wurden verletzt, wie die Polizei mitteilte. Foto: Carolin Gißibl/dpa +++ dpa-Bildfunk +++ (KEYSTONE/DPA/Carolin Gißibl)
L'attaque s'est produite à Wurtzbourg, dans le nord de la Bavière.
KEYSTONE

D'autres personnes ont également été blessées, moins grièvement, lors de cette agression, a indiqué à la presse le ministre régional de l'Intérieur, Joachim Herrmann.

L'agresseur, âgé de 24 ans et qui était arrivé en 2015 dans cette ville de 130'000 habitants, a été interpellé après que la police lui a tiré une balle dans une jambe pour le maitriser. La police a assuré qu'il n'y avait "plus aucun danger" pour la population.

Terrorisme ou psychiatrie ?

L'homme a été conduit à l'hôpital et était entendu par la police en soirée, selon Joachim Herrmann qui s'est rendu sur les lieux. Le ministre a précisé que l'agresseur était connu des services de police pour des faits de violence et des problèmes psychiatriques.

"Il a été interné de force en hôpital psychiatrique" récemment, a souligné le ministre. Il a dans le même temps évoqué un témoin affirmant que l'agresseur aurait crié lors de son acte "Allah Ahkbar" (Allah est grand).

"L'enquête de la police devra déterminer si nous avons affaire à un acte lié à l'islamisme ou à l'état psychique" de l'agresseur, a-t-il ajouté. Selon les équipes de secours, le Somalien a fait preuve d'une "brutalité vraiment incroyable". Le parquet national anti-terroriste n'avait pas été immédiatement saisi.

Intervention des passants

Les forces de l'ordre ont été alertées vers 17h00 alors que l'agresseur a attaqué des gens dans un grand magasin, puis dans une caisse d'épargne toute proche.

Le quotidien Bild diffusait sur son site internet des vidéos amateurs montrant l'agresseur présumé, pieds nus, titubant sur une place et dans la rue avec un long couteau en main tandis que des passants tentaient de l'arrêter avec des bâtons ou des chaises prises sur des terrasses de café.

D'autres images montraient les passants poursuivant l'agresseur sur une place et dans la rue, avant d'être rejoints par une voiture de police. Une autre vidéo présente l'agresseur présumé à terre, les mains en train d'être menottées par un policier alors que des gens autour expriment avec force leur colère et leur peur.

La police a twitté qu'il n'y avait pas d'indice concernant un éventuel autre agresseur. Un important déploiement policier était en cours dans le centre de cette ville située à 120 km à l'est de Francfort.

Contexte tendu

L'origine des précise des faits reste à déterminer mais ils interviennent dans un contexte tendu en Allemagne. Les autorités sont en effet sur le qui-vive concernant la menace islamiste, particulièrement depuis un attentat au camion-bélier revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) qui avait fait 12 morts en décembre 2016 au marché de Noël de Berlin. Cette attaque djihadiste est la plus meurtrière jamais commise sur le sol allemand.

Depuis 2009, les autorités allemandes ont déjoué 17 tentatives d'attentat de ce type, dont la majorité depuis l'attaque de 2016, selon le ministère de l'Intérieur.

La police a notamment annoncé en juin 2018 avoir déjoué un attentat à la "bombe biologique", suite à l'arrestation d'un Tunisien suspecté d'être lié à l'EI. L'homme de 29 ans arrivé en Allemagne en 2015 est soupçonné d'avoir voulu remplir son engin de ricine, un poison 6000 plus puissant que le cyanure.

En 2020, 320 nouvelles enquêtes ont été ouvertes en Allemagne comportant un lien avec la menace islamiste, un chiffre en baisse qui ne dit néanmoins "rien sur le danger qualitatif" de celle-ci, selon le procureur antiterroriste Peter Frank.

ATS