Corruption: l'ex-patron de la gauche roumaine sort de prison

ATS

15.7.2021 - 22:34

L'ancien homme fort de la Roumanie, le social-démocrate Liviu Dragnea a été placé en liberté conditionnelle jeudi, quelques heures après une décision en ce sens d'un tribunal local. Il avait été condamné à trois ans et demi de prison en 2019 pour corruption.

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15.7.2021 - 22:34

FILE - In this Monday, April 15, 2019 file photo, Liviu Dragnea, the leader of Romania's ruling Social Democratic party, leaves escorted by police officers after a court hearing in Bucharest, Romania. Liviu Dragnea, a former leader of Romania's Social Democratic Party who was sentenced to 3 ½ years in jail for corruption in 2019 will be released early, a court ruled Thursday, July 15, 2021. (AP Photo/Vadim Ghirda, file)
En 2019, il avait été condamné à trois ans et demi de prison en 2019 pour corruption.
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M. Dragnea, 58 ans, a quitté la prison de Rahova, dans la banlieue de Bucarest, où il purgeait sa peine, sous les applaudissements d'une poignée de sympathisants, selon des images retransmises en direct par plusieurs chaînes de télévision. «J'ai vécu deux ans et deux mois d'humiliations et d'abus», a-t-il affirmé devant les caméras, clamant une nouvelle fois son «innocence».

Interrogé sur ses projets, il n'a pas exclu un retour en politique, tout en accusant de «lâcheté» les dirigeants actuels du Parti social-démocrate (PSD, opposition). «Selon les statuts, M. Dragnea ne peut à ce stade être membre du PSD», a déclaré un porte-parole du parti, Radu Oprea. Plusieurs responsables ont pris leurs distances avec l'ex-patron de cette formation après sa condamnation.

M. Dragnea, qui se rêvait Premier ministre suite à la victoire du PSD aux législatives de 2016, avait été condamné dans une affaire d'emplois fictifs en mai 2019. Son incarcération avait marqué un tournant dans la vie politique du pays, englué à l'époque dans un bras de fer avec Bruxelles autour d'une refonte controversée de la justice menée au pas de charge par les sociaux-démocrates.

Vague de contestation

A l'orgine d'une vague de contestation d'une ampleur sans précédent depuis la fin du communisme, cette réforme visait à assouplir la législation pénale et permettre à M. Dragnea de vider son casier judiciaire, selon ses adversaires. Cette refonte a été abandonnée après l'arrivée au pouvoir d'une coalition de centre droit en décembre 2019.

M. Dragnea avait déjà été condamné avec sursis en 2016 pour fraude électorale. Il est actuellement visé par deux autres enquêtes.

En janvier, il a notamment été inculpé de corruption pour s'être fait payer une invitation à la cérémonie d'investiture du président américain Donald Trump en janvier 2017, des «bénéfices indus» estimés à 380'000 dollars par les procureurs. Dans l'autre dossier, il est soupçonné de détournement de fonds européens.

ATS