Harcèlement sexuel

Des milliers de clichés privés de femmes partagés en ligne

ATS

30.1.2021 - 08:16

Des organisations de défense des droits en Macédoine du Nord ont exigé vendredi des mesures contre les «violences sexistes», après le partage dans un groupe de discussion en ligne de milliers de photographies et de vidéos de femmes, dont des mineures. Quatre personnes ont été arrêtées jeudi.

epa08967948 A photo illustration shows the logo of social media messaging application Telegram on a computer and on a mobile telephone screen, in Paris, France, 27 January 2021. The popular application (app) Whatsapp has faced backlash after announcing on 04 January a change to its privacy policy under which users widely interpreted that personal information would be shared with the app's parent company, Facebook. Although the policy change allegedly was only to affect interactions with business accounts, it prompted millions of users to migrate to rival messaging applications such as Signal and Telegram. EPA/IAN LANGSDON
Un groupe créé sur l'application Telegram a permis à ses quelque 7000 membres de partager des photos et vidéos privées de femmes et de jeunes filles.  
KEYSTONE

L'affaire concerne le groupe «Salon public» créé sur la messagerie Telegram, a annoncé la police. Le groupe de discussion a été fermé, selon le ministère de l'intérieur.

«Nous exigeons que les services du procureur résolvent immédiatement [...] une affaire criminelle dans laquelle de nombreuses femmes ont été victimes de violences sexistes», déclarent plusieurs ONG en appelant à une manifestation le 3 février à Skopje.

Le comité Helsinki local, le réseau pour mettre fin aux violences contre les femmes et aux violences domestiques, le centre de soutien à la communauté LGBTI et d'autres associations demandent que les administrateurs du groupe soient punis, mais aussi tous les membres ayant partagé les photographies, vidéos et données personnelles des victimes. Ils réclament également une loi pour réguler le harcèlement en ligne.

10'000 clichés et vidéos

Selon les médias, le groupe comptait environ 7000 membres, tandis que plus de 10'000 photographies ou vidéos y ont été partagées sans le consentement des femmes et des jeunes filles concernées. Certaines provenaient d'échanges privés de la part des victimes, d'autres de leurs posts sur les réseaux sociaux et étaient parfois accompagnées des contacts de certaines.

L'existence du groupe avait été signalée par les médias de Macédoine du Nord il y a un an environ. Une enquête avait alors été ouverte, mais s'était révélée infructueuse.

Les autorités ont rouvert des investigations après le témoignage il y a quelques jours d'une jeune femme dans une vidéo en ligne devenue virale. Elle y racontait avoir été victime de harcèlement sexuel après la publication dans «Salon public» de ses photographies Instagram ainsi que de son numéro de téléphone.

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ATS