L'arme de l'automobiliste tué par les gendarmes était factice

ATS

18.10.2021 - 21:29

L'arme utilisée par un automobiliste de 37 ans qui avait tiré en direction des gendarmes mercredi dans le Territoire de Belfort, avant d'être tué par les militaires, s'est révélée factice, ce que ces derniers ignoraient, a indiqué lundi le procureur de la République.

A demonstrator with French police officers, French police officer attends a demonstration organized by French National Police Union Alliance PN outside Paris' central courthouse in Paris, France, Tuesday April, 20, 2021 to denounce what they say was a soft verdict amounting to impunity for some in a trial over the torching of two police cars with officers inside. The weekend verdict in the appeals trial over the 2016 incident in Viry-Chatillon, south of Paris, drew sentences of six to 18 years for five and charges thrown out for eight others. At a time when police are often targeted for using violent tactics and alleged racism in line with the Black Lives Movement, French police also complain that their own actions are not backed up by judicial decisions. (AP Photo/Lewis Joly)
L'arme de la victime était factice, mais le gendarme l'ignorait.
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ATS

18.10.2021 - 21:29

Cette arme «était une réplique d'une arme de poing tirant des munitions à blanc», a précisé le procureur de Belfort, Eric Plantier, dans un communiqué. «Cette circonstance ne pouvait cependant être connue des militaires au moment de leur intervention», souligne-t-il, ajoutant: «l'enquête permettra de retenir leur état de légitime défense».

Selon le magistrat, la réaction des gendarmes était «strictement proportionnée et justifiée par le péril imminent de mort auquel ils se trouvaient exposés du fait de l'usage d'une arme à feu, quasiment à bout portant, contre l'un d'eux».

Mercredi matin, le trentenaire avait fait crisser ses pneus devant la gendarmerie de Beaucourt (Territoire de Belfort) et avait saisi une arme de poing dans son coffre avant de s'enfuir. Poursuivi par les militaires, il avait forcé un barrage, percuté un véhicule de gendarmerie et exhibé son arme à plusieurs reprises.

Finalement immobilisé par le pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) à Danjoutin, l'automobiliste «braquait alors une arme de poing en direction du passager du véhicule du PSIG qui se trouvait à sa hauteur», selon M. Plantier.

Des sommations puis 6 tirs

Les gendarmes ont procédé «à plusieurs reprises aux sommations d'usage, intimant en vain à l'automobiliste de lâcher son arme», jusqu'à ce qu'il «ouvr(e) le feu à deux reprises en direction du militaire passager du véhicule du PSIG».

Les militaires ont alors «répliqu(é) au total à six reprises et l'automobiliste (a été) mortellement touché à hauteur du buste», a-t-il détaillé.

Les deux gendarmes impliqués dans les tirs ont été placés mercredi en garde à vue, avant d'être remis en liberté après la vérification de la cohérence de leurs déclarations.

L'enquête ouverte pour «violence volontaire avec arme ayant entraîné la mort» se poursuit pour «déterminer les circonstances dans lesquelles l'automobiliste a agi et aurait pu volontairement provoquer les conditions de son décès», a indiqué le magistrat.

Sa mère avait appelé la gendarmerie en indiquant que son fils voulait mettre fin à ses jours. Le procureur a salué «le professionnalisme et le sang-froid des militaires du PSIG», «en dépit des tragiques circonstances de leur intervention».

ATS