L'institut Karolinska efface les noms de scientifiques racistes

ATS

3.11.2021 - 00:58

Le prestigieux institut Karolinska (KI) de Stockholm va débaptiser certains de ses locaux et de rues qui portaient le nom de scientifiques racialistes ou pro-nazis. L'institution abrite notamment le comité chargé de décerner le prix Nobel de médecine.

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3.11.2021 - 00:58

Le prestigieux institut Karolinska (KI) de Stockholm abrite notamment le comité chargé de décerner le prix Nobel de médecine (archives).
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Au terme des travaux d'un comité nommé l'an dernier par l'institut de recherche, le recteur a annoncé mardi dans un communiqué avoir décidé de débaptiser une salle, un bâtiment ainsi qu'une rue portant les noms d'Anders Retzius (1796-1860) et de son fils Gustaf (1842-1919).

«Ils représentaient des valeurs qui ne sont pas en concordance avec les valeurs que nous, comme université, devons porter», a déclaré le recteur de «KI», Ole Petter Ottersen dans une vidéo en ligne.

S'il a à son crédit des travaux scientifiques solides, Retzius père est notamment resté de sinistre mémoire pour «l'indice céphalique», une mesure des proportions du crâne, source de hiérarchies racistes.

Crânes allongés et crânes courts

Retzius, dont les théories anatomico-racialistes ont été poursuivies par son fils, distinguait des individus au crâne «allongé», prétendument supérieurs, aux humains au crâne «court», classés comme inférieurs. Ces théories, qui valent à KI d'abriter une importante collection de crânes, ont ensuite nourri l'"hygiène raciale» portée plus tard par les nazis.

Dans cette lignée, l'institut Karolinska a aussi choisi de demander à la ville de Solna, où il siège près de Stockholm, de rebaptiser la «rue von Euler» en «rue Ulf von Euler», Nobel de chimie 1970.

Et ce afin de le distinguer de son père, Hans von Euler, un Allemand naturalisé suédois et Nobel de chimie 1929, qui avait été un membre actif d'une organisation suédo-allemande devenue pro-nazie à l'époque du IIIe Reich.

La décision attendue est la conséquence de débats lancés ces dernières années sur l'héritage historique de l'institut, à l'initiative notamment d'étudiants.

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