Violences

La police de Lausanne accueillera les victimes dans un lieu neutre

beke, ats

13.6.2022 - 14:13

Albane Bruigom, cheffe de l'Unité spécialisée pour les victimes de violence de la police de Lausanne, présente le local d'audition du nouvel espace ouvert lundi. Les pièces se veulent conviviales afin que les personnes concernées se sentent en confiance.
ATS

Plantes vertes, canapés, photos aux murs: la police de Lausanne a ouvert un espace pour accueillir avec «bienveillance» les victimes de violence. Les effectifs d'agents spécialement formés aux problématiques des violences domestiques et interpersonnelles sont étoffés.

beke, ats

13.6.2022 - 14:13

«Nous sortons du stéréotype du local d'audition type», a déclaré lundi lors de la visite des lieux Albane Bruigom, cheffe de l'Unité spécialisée pour les victimes de violence, créée l'an dernier. La police ne souhaite pas rendre l'emplacement public, par souci de discrétion. L'objectif est que les victimes se sentent suffisamment «à l'aise» pour s'exprimer et éventuellement, déposer plainte, ce qui sera possible directement sur place.

«Bon nombre de victimes ne se présentent pas dans les postes de police» traditionnels, a expliqué le commandant de la police municipale Olivier Botteron. Seuls 10% le font, dit-il. «Il s'agit d'une épreuve en plus. Ce n'est pas toujours adapté. L'environnement est souvent froid, la discrétion pas forcément de mise. D'autres personnes attendent leur tour pour porter plainte. D'où l'importance de ces locaux neutres, qui favorisent le dialogue et la confiance.»

L'accueil des victimes se fera sur rendez-vous, après un premier contact avec la police. Il peut s'agir de personnes violentées dans le cadre familial ou agressées dans la rue en raison de leur genre, de leur orientation sexuelle ou de leur appartenance ethnique ou religieuse. L'espace n'est pas réservé aux femmes, mais ouvert à tous. «Toutes les classes sociales et tous les âges sont concernés», a rappelé le municipal de la Sécurité Pierre-Antoine Hildbrand.

Ne rien louper

Une «grille d'évaluation» a été développée pour «standardiser les procédures» et s'assurer de ne pas passer à côté d'éléments que les victimes peineraient peut-être à évoquer d'elles-mêmes, a détaillé Olivier Botteron. Des questions types ont été élaborées. Exemples: «Craignez-vous que vos enfants puissent être enlevés?» «Subissez-vous des tentatives de contrôle de ce que vous faites?» «Disposez-vous librement de votre argent et de vos papiers?»

Seize policiers supplémentaires rejoindront dans le courant de l'année l'Unité pour les victimes de violence, qui en comptait jusqu'ici une dizaine. Ils sont principalement issus de police secours. Ils suivront une formation spécifique. «Pousser à spécialiser ces policiers dans ces champs de compétence, c'est aussi un respect à l'endroit de la victime, qui attend une véritable prise en charge et de la bienveillance», a souligné Olivier Botteron.

Campagne de prévention

Une campagne de prévention sera lancée durant le deuxième semestre de cette année. Le but sera de faire connaître l'existence de ce nouveau lieu et de dire «stop à toute forme de violence, que ce soit dans l'espace public ou dans le contexte intrafamilial», mais aussi «stop au harcèlement de rue», a précisé le commandant.

Le coût de ces différentes mesures n'a pas été communiqué. Elles seront financées via le budget ordinaire de la police.

En 2021, 820 cas de violences domestiques ont été enregistrés à Lausanne, selon les autorités. Ce chiffre est assez stable sur les trois dernières années: il était de 803 en 2019 et de 832 en 2020. Les victimes peuvent s'adresser à différentes structures d'aide existant dans la capitale vaudoise, à l'image du centre LAVI ou de Malley Prairie. L'Unité spécialisée de la police collabore avec ces dernières.

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