«C'est ridicule» La Scala de Milan se défend de faire l'apologie de Poutine

ATS

22.11.2022 - 18:50

La Scala de Milan est loin de «faire de la propagande» pour Vladimir Poutine en ouvrant sa saison avec l'opéra «Boris Godounov» du compositeur russe Modeste Moussorgski, a assuré mardi son directeur Dominique Meyer, critiqué pour cette programmation en pleine guerre en Ukraine.

«Nous ne faisons l'apologie de personne et certainement pas de M. Poutine, c'est ridicule», a déclaré le directeur de la Scala Dominique Meyer. (archives)
«Nous ne faisons l'apologie de personne et certainement pas de M. Poutine, c'est ridicule», a déclaré le directeur de la Scala Dominique Meyer. (archives)
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22.11.2022 - 18:50

Le consul ukrainien à Milan, Andrii Kartysh, avait demandé en vain au prestigieux théâtre de «revoir» la programmation pour sa traditionnelle «Prima» du 7 décembre, estimant qu'il existait un risque d'"éléments propagandistes» en faveur du président russe.

«Nous ne faisons l'apologie de personne et certainement pas de M. Poutine, c'est ridicule», a déclaré M. Meyer à l'AFP en marge de la présentation à la presse de l'opéra de Moussorgski (1839-1881) sur le tsar russe Boris Godounov, basé sur le drame du même nom d'Alexandre Pouchkine.

M. Kartysh «fait une erreur en attaquant des amis. Nous avons donné des preuves d'amitié, nous avons organisé un grand concert au profit des victimes de la guerre en Ukraine qui a rapporté 400'000 euros», a souligné M. Meyer.

La Scala a également «accueilli des enfants de l'école de danse de Kiev et hébergé leurs parents», a-t-il ajouté.

«Nous jouons un opéra qui est un grand chef-d'oeuvre de l'histoire de l'art et ceux qui doutent de ce projet devraient peut-être commencer par lire le livret», a estimé M. Meyer, rappelant que l'idée de l'opéra russe était venue il y a trois ans, bien avant la guerre en Ukraine.

«Parabole sur la dictature»

«Ils verront que les dictateurs ne s'en sortent pas si bien que ça» dans cet opéra qui est «une parabole sur la dictature», a-t-il relevé.

Quant aux critiques concernant le choix de chanteurs russes, M. Meyer a fait valoir que la basse Ildar Abdrazakov, dans le rôle-titre de Boris Godounov, ou la soprano Anna Netrebko, prévue pour un récital en mars à la Scala, «sont des artistes et pas des personnages politiques».

A l'inverse, Valery Gergiev, célèbre chef d'orchestre russe réputé proche de Vladimir Poutine, «est un grand artiste mais aussi un homme politique», a-t-il souligné.

La Scala de Milan avait écarté M. Gergiev début mars des représentations d'un opéra de Tchaïkovski, après son refus de prendre ses distances avec l'invasion de l'Ukraine par Moscou.

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