Procès à Lausanne

Lausanne: 12 ans de prison pour avoir égorgé un ami

ss, ats

2.7.2021 - 11:57

Le Tribunal criminel d'arrondissement de Lausanne a condamné vendredi un ressortissant somalien à 12 ans de prison ferme pour meurtre. Une nuit arrosée de 2017, il avait égorgé à mort un ami nigérian avec un tesson de bouteille devant une discothèque lausannoise aux galeries Saint-François.

Le drame s'était produit un soir de mai 2017 aux galeries Saint-François à Lausanne (archives).
ATS

ss, ats

2.7.2021 - 11:57

Les juges ont estimé que sa culpabilité était «écrasante» et sa «prise de conscience quasi nulle». Ils ont conclu que le prévenu de 42 ans, arrivé en Suisse en 2013 comme demandeur d’asile et disposant désormais d’un permis F, s’était aussi rendu coupable de lésions corporelles simples et qualifiées et infractions et contraventions à la Loi fédérale sur les stupéfiants.

L’homme a déjà purgé 1513 jours de détention préventive, une durée qui sera déduite de sa peine. Il sera expulsé vers son pays d'origine pour une durée de 15 ans à l’issue de cette peine.

Le représentant du Ministère public ne sait pas encore s’il fera appel de ce verdict. Il avait requis 14 ans de prison ferme.

D’après les experts, l'auteur du crime souffre d’une addiction à l’alcool, à la marijuana et à la cocaïne. L’expertise psychiatrique a aussi mis en lumière que le Somalien souffre de stress post-traumatique lié à la guerre civile dans son pays d’origine. Cela a été pris en compte par les juges.

A l’annonce du verdict, l'accusé était sous le choc selon son avocate Me Tiphanie Chappuis, laquelle fera appel de cette condamnation. «Le Tribunal est resté enfermé dans une fantasmagorie d’un règlement de comptes entre délinquants et d’un acte délibéré alors que des éléments du dossier et même des témoins contredisent cette vision», déplore la femme de loi. Elle avait plaidé l’acquittement pour ce qui est de l’homicide, estimant qu'il n'y avait pas eu d'acte volontaire d’agression de la part de son client.

Une dispute très alcoolisée

Pour mémoire, le 14 mai 2017, le prévenu et sa victime se sont disputés violemment pour une raison indéterminée. Leur altercation a été filmée par des caméras de vidéosurveillance des galeries Saint-François. A un moment donné, le défunt a projeté son compagnon de beuverie à terre. La bouteille que celui-ci tenait alors dans sa main s’est brisée. Très alcoolisé, il s’est servi de ce tesson pour trancher la gorge de son adversaire. La carotide a été entamée sur 1,6 cm. L’homme s’est écroulé et est décédé quelques heures plus tard au CHUV.

Selon l'acte d'accusation, le prévenu a esquissé quelques pas de danse après le drame et fumé une cigarette sur place en disant: «je lui avais dit, je lui avais dit». La police l’avait arrêté peu après.

Antécédents peu flatteurs

Ce quadragénaire n’en était pas à sa première bagarre. En 2015, il avait déjà blessé une connaissance sur la place du Tunnel avec un tesson de bouteille. Et en 2016, sur l’esplanade de Montbenon, il avait frappé violemment un compatriote.

En 2017, il s’était aussi opposé à des policiers lors de l’arrestation d’une tierce personne. Pour finir, entre 2013 et 2017, il avait joué le rôle d’intermédiaire dans divers deals de cocaïne et de marijuana. Pour couronner le tout, il a consommé de la drogue et s’est battu en prison.

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