Le Japon exécute des condamnés à mort

ATS

21.12.2021 - 08:17

Le Japon a exécuté mardi trois condamnés à mort. Il a appliqué la peine capitale pour la première fois depuis décembre 2019 et l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Fumio Kishida début octobre.

ATS

21.12.2021 - 08:17

epa02284710 Two Japanese women bringing gifts for inmates approach the Tokyo Detention Center, a prison located in eastern Tokyo, Japan, 13 August 2010. Two Japanese death row prisoners where hung to death in the Detention Center's basement death chamber last month, the first executions under the Democratic Party of Japan-led government launched in September 2009. Japan's Justice Ministry started discussions on 06 August 2010 to discuss the possibility of abolishing the death penalty, in a study group headed by Justice Minister Keiko Chiba, a former member of the Japan Parliamentary League against the Death Penalty. EPA/EVERETT KENNEDY BROWN
Des femmes japonaises apportant des cadeaux aux détenus s'approchent du Centre de détention de Tokyo. (archives)
KEYSTONE

«Trois condamnés à mort ont été exécutés aujourd'hui», a déclaré à l'AFP une responsable du ministère de la Justice. Il s'agit d'un homme de 65 ans condamné pour le meurtre au marteau et au couteau de sept membres de sa famille et de voisins en 2004, et de deux hommes de 54 et 44 ans condamnés pour un double meurtre commis en 2003, a-t-elle précisé.

La dernière exécution au Japon remontait à décembre 2019, celle d'un Chinois reconnu coupable des meurtres de quatre membres d'une même famille dans le sud-ouest du pays en 2003. Le Japon avait exécuté trois condamnés en 2019 et 15 en 2018, dont 13 membres de la secte Aum, impliquée dans un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995.

Prévenus quelques heures avant

Le soutien de la population nippone à la peine capitale reste fort malgré les critiques venues de l'étranger, en particulier des organisations de défense des droits humains.

Le Japon compte actuellement plus de 100 condamnés à mort et de longues années s'écoulent généralement entre l'énoncé de la sentence et son exécution par pendaison, mais les détenus sont habituellement prévenus quelques heures seulement avant leur exécution.

Début novembre, deux condamnés à mort ont lancé une action en justice contre le gouvernement nippon, dénonçant comme illégale cette pratique, source selon eux de troubles psychologiques.

«Cela bafoue la dignité humaine», avait déclaré à l'AFP leur avocat, expliquant que les exécutions étaient généralement annoncées aux condamnés seulement une à deux heures avant, les empêchant de voir leur avocat ou de déposer un recours.

Plus ancien condamné à mort au monde

Par ailleurs, en décembre 2020, la Cour suprême japonaise a cassé une décision qui bloquait la demande de révision du procès d'Iwao Hakamada, un homme aujourd'hui âgé de 85 ans considéré comme le plus ancien condamné à mort au monde.

M. Hakamada a passé plus de quatre décennies dans les couloirs de la mort après sa condamnation en 1968 à la peine capitale pour le quadruple assassinat de son patron et de trois membres de la famille de celui-ci.

Ce Japonais avait avoué le crime après des semaines d'interrogatoires en détention avant de se rétracter. Il ne cessait depuis de clamer son innocence, mais la condamnation avait été confirmée en 1980.

Quand la peine capitale est appliquée au Japon, les condamnés, dont les mains sont menottées et les yeux bandés, sont conduits au-dessus d'une trappe qui s'ouvre sous leurs pieds, au moyen d'un mécanisme déclenché par un des trois boutons fixés au mur d'une pièce contiguë, pressés simultanément par trois gardes qui ignorent lequel est actif.

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