«On en est à 10'000 sinistrés» Le Pas-de-Calais toujours sous l'eau mais la décrue s'amorce

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11.11.2023 - 19:02

Le Pas-de-Calais, toujours sous l'eau, profite enfin samedi d'une journée sans intempéries, qui permet d'observer l'amorce d'une décrue. Les évacuations se poursuivent toutefois, y compris dans des secteurs jusque-là épargnés par les inondations.

«On en est à 10'000 sinistrés, et dans certaines maisons, l'eau stagne depuis 10 jours, imprégnant les murs», a souligné à l'AFP le sénateur et vice-président du conseil régional, Franck Dhersin.
«On en est à 10'000 sinistrés, et dans certaines maisons, l'eau stagne depuis 10 jours, imprégnant les murs», a souligné à l'AFP le sénateur et vice-président du conseil régional, Franck Dhersin.
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Un total de 247 communes ont été ou sont toujours «concernées par les inondations», parfois dans des conditions dramatiques, en particulier autour de Saint-Omer, Boulogne et Montreuil, selon un bilan à midi de la préfecture du Pas-de-Calais.

L'eau, toujours abondante, continue d'envahir des étables, de prendre au piège des véhicules, et a contraint nombre d'habitants à quitter leurs domiciles. Plusieurs évacuations ont été menées dans la nuit dans des communes du Montreuillois et de l'Audomarois, selon la préfecture.

A La Calotterie, dans le Montreuillois, la sécurité civile et les pompiers continuaient samedi matin à évacuer des riverains qui avaient jusqu'à présent échappé aux inondations, à l'aide de 4x4 ou d'embarcations pneumatiques, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une sexagénaire est décédée à Bailleul (Nord) au volant de sa voiture, accidentée dans un fossé inondé dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information de La Voix du Nord. Selon la préfecture du Nord, rien ne permet pour l'instant d'établir de lien avec les inondations.

Hélitreuillages

«On en est à 10'000 sinistrés, et dans certaines maisons, l'eau stagne depuis 10 jours, imprégnant les murs», a souligné à l'AFP le sénateur et vice-président du conseil régional, Franck Dhersin.

Selon la Croix-Rouge, douze centres d'hébergements sont ouverts dans le département, déjà affecté par la tempête Ciaran le 2 novembre, des crues records mardi et des pluies intenses jeudi et vendredi. «Un soutien psychologique est mis en place», a déclaré à l'AFP Fabienne Berquier, présidente de l'association dans le Pas-de-Calais. «Les habitants sont fatigués.»

Seule l'Aa a été maintenue en vigilance rouge samedi par Vigicrues. La Liane et la Canche, à l'origine d'inondations depuis plusieurs jours, sont elles repassées en vigilance orange. «L'accalmie est en cours, elle est prévue jusqu'à dimanche après-midi et permet d'observer une décrue», relève l'organisme de surveillance.

Mais malgré cette parenthèse du week-end, le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a déjà fait part de ses «inquiétudes» sur un nouvel épisode pluvieux en début de semaine prochaine.

La population «se demande quand ça va s'arrêter et nous aussi», soupire Bruno Debove, conseiller municipal d'Hesdigneul-lès-Boulogne, commune qui s'est retrouvée à plusieurs reprises isolée par les eaux et où 15 personnes ont encore dû être évacuées par hélicoptère vendredi.

Pompes de grande capacité

Le bilan est de quatre blessés légers depuis lundi dans la zone, où sont engagés 700 personnels de la sécurité civile. Les sapeurs-pompiers ont effectué 1683 interventions et 940 évacuations depuis le 2 novembre.

Cinq pompes de très grande capacité, capables de vider chacune une piscine olympique en 15 minutes, ont été déployées pour tenter de limiter les crues.

Le trafic ferroviaire est interrompu sur deux tronçons (Boulogne-Etaples et Saint-Pol-Etaples) jusqu'à mardi «dans la matinée», a précisé la SNCF. Environ 130 axes routiers sont coupés samedi, selon la préfecture.

La protection civile du Pas-de-Calais a lancé un appel aux dons et mis en place un numéro «pour mettre en lien» les sinistrés ayant besoin d'aide pour le déblayage de leur maison avec ceux prêts à les aider. Plus de 50 communes ont déposé un dossier pour être reconnues en catastrophe naturelle, une décision attendue mardi.