Santé Le syndrome de l'infirmière: quand aider les autres devient une pathologie

Relax

1.7.2024 - 12:39

(ETX Daily Up) – Dans la vie quotidienne, il est normal de vouloir aider autrui lorsqu'il traverse des moments difficiles, que ce soit un ami, un collègue, un membre de la famille ou un partenaire. Cependant, pour certaines personnes, ce besoin peut devenir excessif et toxique pour leur santé mentale. C'est ce que l'on appelle le syndrome de l'infirmière.

Cette pathologie peut amener la personne atteinte à négliger ses propres besoins pour aider les autres.
Cette pathologie peut amener la personne atteinte à négliger ses propres besoins pour aider les autres.
seb_ra / Getty Images

1.7.2024 - 12:39

Le syndrome de l'infirmière désigne un besoin excessif d'aider les autres. Bien que cela puisse sembler passer pour de l'altruisme, la réalité est différente. Les personnes concernées sont attirées par ceux qui ont des problèmes personnels, comme l'addiction ou la dépression, dans leurs relations proches ou amoureuses. Ce syndrome touche principalement les femmes.

«L'infirmière ira donc exclusivement ou presque vers des partenaires 'malades' au sens large: phobie sociale, addictions, timidité extrême, dépression, santé mentale instable...», explique le Dr Béatrice Millêtre, docteur en psychologie, dans un article duJournal des Femmes. «L'infirmière attirera principalement des profils qui recherchent une figure maternelle, soignante, d'autorité et qui attendent d'être sauvés. Elle va tout faire pour résoudre les problèmes de son ou sa partenaire», précise-t-elle.

Il ne faut pas confondre ce besoin excessif d'aider avec la volonté d'aider un conjoint dans le besoin, un pilier essentiel d'un couple sain. Dans le cas du syndrome de l'infirmière, la personne tend à s'oublier et à faire passer le bien-être des autres avant le sien. Il ne faut pas non plus le confondre avec le syndrome du sauveur, une autre pathologie où le besoin d'aide est motivé par la recherche de gratitude. À l'inverse, l'infirmière ne cherche rien en retour.

Les conséquences psychologiques de ce syndrome ne sont pas négligeables. Ces personnes peuvent développer, sur le long terme, des troubles anxieux, des troubles du sommeil et de l'alimentation. Elles tendent à tout donner pour les autres, négligeant leur santé, leurs finances, leur apparence et leur bien-être. «Elles se confortent dans leur mission, mais comme tout le monde, elles ont des limites, et peuvent finir par s'essouffler lorsqu'elles sont utilisées par leur entourage», note Aline Nativel Id Hammou, psychologue sollicitée par Top Santé.

Comment soigner ce trouble? La première étape est de prendre conscience du problème. «Il faut se poser la question suivante: est-ce que ma volonté d'aider ou de m'occuper des autres, notamment de mon ou ma partenaire, comble un besoin ou un manque?», analyse le Dr Millêtre. Si ce besoin fait partie intégrante de la personnalité de l'individu, celui-ci peut choisir de le canaliser de manière constructive, par exemple en s'engageant dans du bénévolat, plutôt que de l'exprimer de façon problématique. Un suivi thérapeutique peut être bénéfique pour redéfinir les bases d'une relation saine. «Il faut se demander ce qu'on attend d'une relation, qu'est-ce que le fait d'aider l'autre satisfait chez nous comme besoin», recommande le Dr Millêtre. En fin de compte, il est essentiel de travailler sur sa confiance en soi, que ce soit avec l'aide d'un thérapeute, par des lectures, des webinaires ou en sollicitant le soutien de son entourage (amis, famille, etc.).

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