Les tuk-tuks iconiques de Bangkok au cimetière après des mois de pandémie

Relax

25.7.2021 - 12:33

Les tuk-tuks iconiques de Bangkok s'entassent par centaines dans d'immenses cimetières faute de clients dans le pays confronté à une flambée épidémique de coronavirus et en grande partie fermé aux touristes.

Les tuk-tuks iconiques de Bangkok s'entassent par centaines dans d'immenses cimetières faute de clients.
Lillian SUWANRUMPHA / AFP

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25.7.2021 - 12:33

Sous une autoroute de la capitale thaïlandaise, des dizaines de tuk-tuks, à l'arrêt depuis des mois, sont couverts d'une épaisse couche de poussière. Seule leur couleur vive témoigne de leur grandeur passée quand, avant la pandémie, ce moyen de locomotion était plébiscité par des millions de Bangkokais et de touristes.

Mes revenus «ont chuté de 95%», raconte à l'AFP Wichai Supattranon, propriétaire d'un garage de location dans la capitale thaïlandaise. «95% de nos chauffeurs n'ont pas pu supporter le poids de la pandémie et sont retournés dans leur ville natale».

Le royaume, qui a accueilli près de 40 millions de visiteurs étrangers en 2019, est verrouillé depuis près de 18 mois. Seules quelques îles du sud ont rouvert ces dernières semaines aux touristes vaccinés, mais les multiples restrictions d'entrée et de séjour imposées par les autorités découragent la plupart d'entre eux de s'y rendre.

Gagner juste assez pour payer les frais d'essence

Habitants des bidonvilles, vendeurs des rues: «La majorité des personnes infectées sont issues des classes défavorisées, or ce sont elles qui se servent habituellement le plus de nos tuk-tuks pour se déplacer».

Les rares chauffeurs qui opèrent encore n'ont plus rien. «Je gagne de 6 à 9 dollars par jour (contre 30 avant la crise), juste assez pour payer les frais d'essence. Bientôt, je ne pourrai plus payer mon loyer et je devrai m'endetter auprès du propriétaire», se lamente Somsak Boontook, 57 ans. «Je veux arrêter, mais je suis vieux. Personne ne m'embauchera ailleurs».

50% des chauffeurs se sont reconvertis

Les tuk-tuks ne sont pas les seuls affectés. 100.000 employés du secteur des transports sont au chômage, seuls 10% des 40.000 cars de tourisme sont encore en opération et près de la moitié des 20.000 taxis de la capitale et des provinces environnantes sont à l'arrêt, selon Wasuchet Sophonsathien, président de l'association des opérateurs de transports.

«Les aides financières débloquées par les autorité ne leur parviennent pas. De nombreuses entreprises du secteur sont au bord de la faillite et 50% des chauffeurs se sont déjà tournés vers d'autres professions», avance-t-il aussi.

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