L'ex-président Saakachvili retourne en prison

ATS

30.12.2021 - 13:38

L'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili, devenu chef de l'opposition, a été retourné jeudi à sa prison depuis l'hôpital militaire où il était soigné après une grève de la faim, a indiqué le service pénitentiaire de Géorgie.

Des partisans du
Des partisans du "Mouvement national uni" manifestent contre l'arrestation de l'ancien président géorgien Mikheil Saakashvili à Tbilissi, en Géorgie, le 21 décembre 2021.
KEYSTONE

ATS

30.12.2021 - 13:38

Arrêté le 1er octobre à son retour de huit ans d'exil en Ukraine, M. Saakachvili a refusé de s'alimenter pendant 50 jours, afin de protester contre son incarcération pour une condamnation pour abus de pouvoir dont il dénonce le caractère politique.

Ce pro-occidental de 54 ans, à la tête de son pays de 2004 à 2013, a recommencé à s'alimenter après avoir été transféré fin novembre vers un hôpital militaire à Gori (est).

«Le détenu Mikheïl Saakachvili est dans l'établissement pénitentiaire numéro 12», a dit jeudi le Service pénitentiaire géorgien, annonçant donc son retour à la prison de Roustavi, à une trentaine de kilomètres de la capitale Tbilissi.

Un député du parti au pouvoir Rêve géorgien, David Sergueïenko, a assuré à la presse que, selon l'hôpital militaire, l'état de santé de M. Saakachvili s'était «stabilisé».

Nika Gvaramia, l'avocat de M. Saakachvili, a affirmé toutefois que son client avait le même poids en quittant l'hôpital qu'au moment de son hospitalisation après la grève de la faim.

«Il est faible, il est stupéfait», a déclaré M. Gvaramia à la presse, en précisant qu'une annonce devait être vendredi sur l'état de santé de son client.

Un conseil indépendant de médecins avait indiqué en décembre que l'ancien président souffrait encore de graves troubles neurologiques, conséquence selon eux de mauvais traitements subis en détention.

L'arrestation de cette figure de l'opposition a exacerbé la crise politique issue des législatives de l'an dernier en Géorgie, marquées par des fraudes selon l'opposition, et elle a aussi déclenché les plus importantes manifestations antigouvernementales en 10 ans.

Les défenseurs des droits humains accusent le gouvernement géorgien d'user des poursuites pénales pour sanctionner les opposants politiques.

ATS