Nuisances de l'aéroport de Genève : Manque de volonté du gouvernement critiqué

mf, ats

20.9.2021 - 13:25

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20.9.2021 - 13:25

La Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de la population et de l'environnement (CARPE) a déploré, lundi, que le projet de loi visant à mettre en oeuvre l'initiative pour un pilotage démocratique de l'aéroport de Genève ne réponde pas aux attentes exprimées.

Les associations qui luttent contre les nuisances provoquées par l'aéroport de Genève dénoncent la primauté des intérêts économiques dans le développement de la plateforme aéroportuaire au détriment des intérêts environnementaux (archives).
ATS

En 2019, 56% des votants avaient approuvé un texte demandant un «développement maîtrisé et concerté» de l'aéroport de Genève, tenant compte aussi bien des intérêts économiques que des intérêts environnementaux. Le projet de loi de mise en oeuvre de l'initiative est actuellement à l'étude en commission du Grand Conseil.

Ce projet de loi, élaboré par le Conseil d'Etat, est cosmétique et inefficace, a regretté devant la presse la présidente de la CARPE Lisa Mazzone. La conseillère aux Etats des Verts a critiqué le fait que le gouvernement cantonal n'est pas tenu compte du signal envoyé par la population genevoise.

Aucune solution

Jean-François Bouvier, ancien président de l'Association des intérêts de Vernier-Village (AIVV) a, de son côté, parlé d'un projet «vide et creux». «Tout ce qui a trait aux nuisances sonores est évoqué, mais sans autre détail». Aucune solution n'est avancée pour résoudre le problème.

La seule volonté gouvernementale qui pointe dans ce projet de loi est «de ne rien changer», a poursuivi M.Bouvier. La CARPE lance donc un appel aux députés membres de la commission de l'économie afin que ceux-ci corrigent le projet de loi. Si rien n'est modifié, elle se réserve le droit de lancer une initiative de mise en oeuvre.

Trop bon marché

Des pistes existent, relève la CARPE. M.Bouvier a estimé, par exemple, que l'aéroport pourrait adapter les taxes qu'il réclame aux compagnies aériennes. «Nous avons l'aéroport le moins cher d'Europe». La stratégie de miser sur le trafic «low cost» à vocation essentiellement de loisirs pourrait aussi être repensée.

Actuellement, seuls 30% des voyages en Europe ont un motif professionnel, a souligné M.Bouvier. Or, à Genève, 80% des destinations sont en Europe. Le potentiel de transfert sur d'autres moyens de transport est énorme, a indiqué Mme Mazzone. Le canton a la possibilité d'agir, même si certaines compétences sont fédérales.

La CARPE n'est pas pour la disparition de l'aéroport. «Nous voulons qu'il continue d'exister, conscients de son rôle pour la Genève internationale», a précisé Mme Mazzone, qui a critiqué, en revanche, la politique visant à doper artificiellement la demande. Il est notamment évoqué 25 millions de passagers pour 2030 à Genève.

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