Lausanne «Sursollicité», le Répit ferme provisoirement ses portes 

gsi, ats

27.11.2022 - 09:36

Le Répit, structure lausannoise d'accueil de nuit, a dû fermer ses portes vendredi. Le site, dont la capacité a été dépassée ces derniers jours, espère rouvrir début décembre.

Le Répit a dû fermer ses portes provisoirement vendredi, en raison d'un nombre trop important de demandes (photo d'illustration).
Le Répit a dû fermer ses portes provisoirement vendredi, en raison d'un nombre trop important de demandes (photo d'illustration).
ATS

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27.11.2022 - 09:36

Ouvert cette année le 1er novembre, soit un mois plus tôt que d'habitude, le Répit a été «sursollicité», indique la Fondation Mère Sofia, qui gère la structure, dans un message posté sur Facebook. Et d'ajouter: «la sécurité physique et psychique de l'équipe et des usagers.ères n'était plus garantie.»

Contactée par Keystone-ATS, la directrice de la Fondation, Véronique Eichenberger, reconnaît que «la pression de la rue était trop forte». Selon elle, fermer la structure était «la dernière et seule option possible.»

Selon le collectif 43m2, qui cite dans un communiqué un collaborateur du Répit, près de 170 personnes ont été accueillies jeudi «dans un lieu beaucoup trop petit ne disposant que de 110 lits serrés.»

Pour s'occuper de ces personnes dans les locaux de la rue Saint-Martin, seuls cinq employés sont présents à l'ouverture, quatre durant la nuit entière.

Adapter l'accueil

Pour combler le manque des prochains jours, la Ville de Lausanne «s'est mobilisée de manière exceptionnelle et a rouvert, avec d'autres moyens, le soir même», précise Mme Eichenberger.

La Fondation Mère Sofia espère toutefois rouvrir rapidement le Répit. «Nous prenons ces quelques jours pour réfléchir et adapter nos conditions d'accueil à la situation générale», relève la directrice.

«Une crise plus large»

De son côté, le collectif 43m2 a dénoncé cette fermeture, et plus globalement «une crise plus large» de l'hébergement d'urgence à Lausanne. «Il est urgent de mettre le sans-abrisme au coeur des préoccupations politiques et budgétaires du Canton de Vaud», écrit-il dans son communiqué.

Ce collectif, qui avait installé cet été des campements sauvages à Beaulieu puis dans les jardins de la Haute école de travail social, estime que les autorités n'ont toujours pas pris conscience du problème. «La crise bat son plein, une structure d'accueil clé se vide de ses travailleur.euses et aucune proposition de rencontre n'a été soumise, aucun agenda politique clair ne se dégage», souligne-t-il.

Lors de l'hiver 2021-2022, le Répit a reçu en moyenne 88 personnes par nuit d'ouverture. Le 1er mai dernier, alors que la 6e édition fermait ses portes, la Fondation Mère Sofia accrochait des centaines d'écharpes sur la place publique pour rappeler que les nombreuses personnes qu'elle accueillait se retrouveraient dès le soir venu à nouveau livrées à la rue.

gsi, ats