Tariq Ramadan relaxé à Rouen d'une plainte pour diffamation

vf

11.5.2021 - 19:25

L'islamologue genevois Tariq Ramadan, mis en examen pour des viols sur cinq femmes, a été relaxé mardi par la justice française. Le tribunal correctionnel de Rouen a débouté l'une de ses accusatrices d'une plainte pour diffamation.

Muslim scholar Tariq Ramadan delivers a speech during a French Muslim organizations meeting in Lille, northern France, Sunday Feb.7, 2016. (AP Photo/Michel Spingler)
Tariq Ramadan 
KEYSTONE/AP Photo/Michel Spingler

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11.5.2021 - 19:25

Henda El Ayari, 44 ans, qui accuse Tariq Ramadan de l'avoir violée en 2012 à Paris, reprochait à Tariq Ramadan ses déclarations du 6 septembre 2019. Selon elle, il avait porté atteinte à son honneur et à sa considération en déclarant sur BFMTV et sur RMC être victime d'un «traquenard».

«Un certain nombre de femmes qui se connaissent qui changent leur version quatre fois, je viens de vous parler d'une personne qui dit qu'elle veut me tendre un piège», avait déclaré M. Ramadan.

La plainte d'Henda El Ayari visait également un extrait du livre le «Devoir de vérité» de l'islamologue. L'intellectuel suisse écrit qu'elle «aurait exercé un chantage à la plainte pour viol sur plusieurs hommes à Roanne et à Rouen, où elle a vécu».

Propos «fallacieux»

L'avocat de la plaignante Jérémy Kalfon demandait 20'000 euros de dommages et intérêts au prévenu de 58 ans. Ni Tariq Ramadan, ni Henda El Ayari, n'étaient présents mardi au jugement.

«Le tribunal n'a pas suffisamment tenu compte de la violence des propos de Tariq Ramadan et de l'impact qu'ils pouvaient avoir sur Mme El Ayari», a réagi Me Kalfon auprès de l'AFP. Selon lui, ce jugement ne remet pas en cause le caractère «fallacieux» des propos de M. Ramadan.

A l'audience le 23 mars, Tariq Ramadan avait dit qu'il «conteste totalement les accusations» portées contre lui. Il avait par ailleurs une nouvelle fois nié les faits pour lesquels il est mis en examen à Paris depuis le 2 février 2018.

Concertation frauduleuse

«Nous sommes satisfaits de cette décision, nous avons toujours dit qu'à partir du moment où on mettrait les éléments du dossier sur la place publique le dossier ne tiendrait plus», ont réagi auprès de l'AFP les conseils de M. Ramadan, Mes Ouadie Elhamamouchi, Nabila Asmane et Alassane Toure.

«D'autres éléments prouvant la concertation frauduleuse sont apparus dans ce dossier. Une plainte pour faux, usage de faux et tentative d'escroquerie au jugement vient d'être déposée à l'encontre d'un témoin capital et une autre plainte pour tentative d'escroquerie au jugement sera déposée à l'encontre (d'une) seconde plaignante», ont-ils ajouté.

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