Berlin relève ses ambitions de réduction de gaz à effet de serre

ATS

5.5.2021 - 20:08

Une accélération sous contrainte : l'Allemagne a décidé mercredi de relever ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre, après la retentissante censure d'une partie de sa «loi climat», jugée trop peu ambitieuse par la Cour constitutionnelle.

epa09165107 Steam rises from the brown coal-fired power plant Neurath operated by German energy supplier RWE near Grevenbroich, Germany, 28 April 2021. The annual general meeting of RWE was accompanied by protests against lignite mining. A small group of activists occupied several coal conveyor belts in the Garzweiler open pit mine. The Rhenish lignite mining area is the largest CO2 emitter in Europe. EPA/SASCHA STEINBACH
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5.5.2021 - 20:08

Berlin compte désormais réduire de 65% ses émissions d'ici 2030 par rapport à 1990, contre 55% visé auparavant, puis de 88% d'ici 2040, a annoncé mercredi le ministre des Finances et vice-chancelier Olaf Scholz. L'enjeu : atteindre la neutralité carbone «en 2045», cinq ans plus tôt que prévu.

Ces objectifs sont «réellement ambitieux» et «réalisables», a assuré son homologue de l'Environnement, Svenja Schulze. Un projet de loi va être déposé la semaine prochaine en conseil des ministres, ont indiqué ces deux responsables du SPD (sociaux-démocrates) qui gouvernent avec les conservateurs d'Angela Merkel.

A moins de cinq mois de la fin de la législature, et concurrencé par la popularité des écologistes, le gouvernement allemand avait dit qu'il souhaitait réagir vite après l'arrêt de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe. Celle-ci a partiellement rejeté, fin avril, les objectifs du plan climat, pourtant accouché dans la douleur fin 2019.

«C'est une nouvelle perspective juridique qui pourrait avoir de nombreuses conséquences», a souligné mercredi la chancelière Angela Merkel.

«Droits fondamentaux»

Les juges, saisis par quatre associations environnementales, avaient estimé que la législation n'était «pas conforme aux droits fondamentaux» des jeunes générations. Selon eux, Berlin n'avait pas prévu «d'exigences suffisantes pour la réduction ultérieure des émissions à partir de l'année 2031». «Les jeunes gens nous rappellent que nous sommes trop lents», a concédé Angela Merkel.

Le nouveau cap annoncé par le gouvernement place l'économie allemande face à un défi encore plus grand pour accomplir sa transition écologique.

«Les objectifs de développement des énergies renouvelables devront être quadruplés», prévient Claudia Kemfert, experte pour l'institut économique DIW, à Berlin.

Pour l'instant, le gouvernement table sur 65% d'énergie provenant de sources renouvelables en 2030.

Le poids du charbon

Et Berlin ne veut abandonner complètement le charbon, particulièrement polluant, qu'à partir de 2038, une date jugée trop tardive par les ONG.

Les énergies propres représentent, pour le moment, la moitié de production d'électricité du pays.

Le secteur de l'automobile, déjà engagé dans de lourds investissements pour développer les véhicules électriques, devra également être davantage mis à contribution.

Entre périodes de grande sécheresse et pluies diluviennes, le pays n'est pas épargné par les dérèglements climatiques qui s'accélèrent ces dernières années. La question environnementale est donc devenue centrale dans le débat public allemand, au gré des nombreuses manifestations de jeunes portées par le mouvement «Fridays for future».

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