Libye

Conflit libyen: optimisme prudent de Berlin

ATS

5.10.2020 - 19:37

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas s'est dit «prudemment optimiste» sur les chances de parvenir à une résolution politique du conflit en Libye, à l'issue d'une visioconférence internationale (archives).
Source: KEYSTONE/EPA/YANNIS KOLESIDIS

Le gouvernement allemand s'est dit «prudemment optimiste» sur les chances de parvenir à une résolution politique du conflit en Libye, à l'issue d'une visioconférence internationale organisée lundi. Les deux autorités rivales ont récemment repris le dialogue.

«Il y a des raisons d'être prudemment optimiste», a déclaré le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas lors d'une conférence de presse à Berlin. Il a mis en exergue «des signes d'un passage d'une logique militaire à une logique politique» entre les belligérants.

«Nous pensons qu'il existe une fenêtre dans laquelle beaucoup de ce qui n'était pas possible ces dernières semaines l'est désormais», a ajouté le ministre qui coprésidait la réunion, organisée en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

«Rare opportunité»

«Les récents développements représentent une rare opportunité pour accomplir de réels progrès dans la recherche de la paix et de la stabilité en Libye», a également souligné Antonio Guterres, selon le texte de son intervention lors de la réunion.

L'Allemagne est en première ligne des efforts internationaux pour tenter de ramener les belligérants à un cessez-le-feu durable et à la négociation politique, ainsi que leurs soutiens régionaux au respect de l'embargo sur les armes.

La Suisse, qui fait partie du Comité de suivi de la Conférence de Berlin sur la Libye et co-préside le groupe de travail «droits de l’homme et droit international humanitaire», a participé à la visioconférence. Elle était représentée par l’ambassadeur Simon Geissbühler, chef de la Division sécurité humaine (DSH) au sein du Département fédéral des affaires étrangères.

«Concertations» à Montreux

Des négociations fin septembre à Hourghada, en Egypte, entre représentants militaires et policiers des deux camps ont commencé à préparer le terrain pour un cessez-le-feu durable.

Des pourparlers réunissant des parlementaires des deux camps rivaux ont aussi débouché le 10 septembre au Maroc à un accord global sur les institutions régaliennes. Un peu plus tôt en septembre, des «concertations» inter-libyennes avaient abouti à Montreux, en Suisse, à un accord pour des élections dans 18 mois, après la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale.

Le chef de la diplomatie allemande a de nouveau insisté, tout comme le secrétaire général de l'ONU, sur le respect de l'embargo sur les armes comme préambule à tout retour aux négociations de paix. «Nous ne sortirons pas de l'impasse militaire aussi longtemps qu'un afflux d'armes et d'hommes sera apporté aux belligérants», a martelé Heiko Maas.

Violations «scandaleuses»

«Les violations de l'embargo sont scandaleuses (...) Les livraisons étrangères d'armes et les autres soutiens militaires doivent cesser immédiatement», a renchéri Antonio Guterres.

Reconnu par l'ONU, le Gouvernement de Fayez al-Sarraj (GNA) est soutenu par la Turquie et le Qatar. Son opposant, le maréchal Khalifa Haftar est appuyé de son côté par l'Egypte, les Emirats arabes unis et la Russie.

Toutes les parties reçoivent de plus en plus d'aide militaire de leurs soutiens, selon un rapport intérimaire des experts de l'ONU datant de fin août, qui a fait l'objet de nombreuses fuites. Ce rapport a notamment pointé les violations de l'embargo par le groupe paramilitaire russe Wagner, réputé proche du Kremlin.

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