Coronavirus

Décès du dirigeant palestinien Saëb Erakat infecté par le virus

SDA

10.11.2020 - 11:17

Saëb Erakat, l'une des personnalités palestiniennes les plus connues à l'étranger, est décédé mardi à l'âge de 65 ans, a indiqué la présidence palestinienne. Il avait contracté le nouveau coronavirus.

Atteint de fibrose pulmonaire et greffé du poumon, le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) «est décédé il y a peu de temps à l'hôpital Hadassah» de Jérusalem, où il avait été admis le 18 octobre, a déclaré cette source.

L'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, qui l'avait admis à la demande de responsables de l'Autorité palestinienne, avait qualifié de «défi» le fait de soigner M. Erakat en raison de ses problèmes pulmonaires. Dans un communiqué, l'établissement a confirmé le décès, présentant ses condoléances à la famille et «au peuple palestinien».

Gravitant dans le cercle restreint du président palestinien Mahmoud Abbas, Saëb Erakat passait pour l'un de ses successeurs potentiels (archives).
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Après être arrivé «dans un état grave», selon l'hôpital, M. Erakat avait été mis sous respirateur et endormi, puis placé sous une machine appelée «Ecmo», qui remplace de facto le coeur et les poumons pour oxygéner et faire circuler le sang dans le corps.

Sa famille avait appelé les médias à la prudence devant la circulation de fausses informations et communiquait fréquemment sur son état de santé.

Négociateur en chef

Gravitant dans le cercle restreint du président palestinien Mahmoud Abbas, 85 ans, Saëb Erakat passait pour l'un de ses successeurs potentiels.

Il avait participé, en tant que négociateur en chef côté palestinien, aux pourparlers de paix avec Israël, qui sont dans l'impasse depuis des années. Plus récemment, il avait vivement critiqué la récente normalisation des relations entre Israël et des pays arabes, décidée sans paix préalable entre les Palestiniens et l'Etat hébreu.

Dans une vidéo-rencontre en août dernier avec des journalistes, notammment l'AFP, il avait fustigé cette normalisation qui, disait-il, «mine la possibilité de la paix» israélo-palestinienne.

Elle «renforce les extrémistes» chez les Israéliens et les Palestiniens, les premiers pensant ne plus avoir besoin à négocier avec les Palestiniens et les seconds ne plus avoir à attendre quoique ce soit d'Israël, affirmait-il.

Polémique

Son transfert depuis son domicile de Jéricho, dans la vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée, vers un hôpital israélien avait rapidement suscité des critiques.

Peu après son hospitalisation, des manifestants s'étaient rassemblés devant l'établissement, brandissant des drapeaux israéliens et pour certains criant «Mort aux terroristes», avaient constaté des journalistes de l'AFP.

«Des lits pour les malades d'Israël et pas pour les invités d'Israël», pouvait-on lire sur une pancarte, tandis qu'une affiche avec des Israéliens tués dans des attentats commis par des Palestiniens avait été installée sur un grillage.

Transferts médicaux compliqués

Son hospitalisation était survenue quelques mois après la décision de l'Autorité palestinienne de stopper la coopération avec Israël, ce qui a notamment eu pour effet de compliquer les transferts médicaux de Palestiniens vers des hôpitaux israéliens.

En Cisjordanie occupée, plus de 50'000 cas de contamination au coronavirus – dont plus de 480 décès – ont été recensés. Dans la bande de Gaza, autre territoire palestinien contrôlé par le mouvement islamiste Hamas et sous blocus israélien, environ 8740 cas ont été enregistrés officiellement, dont près de 40 décès, sur environ deux millions de Palestiniens.

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