«Kidnapping judiciaire»

Aung San Suu Kyi: ses proches saisissent l'ONU

ATS

25.5.2022 - 14:02

Des proches d'Aung San Suu Kyi ont déposé mercredi une plainte contre la junte militaire birmane auprès d'un groupe de travail de l'ONU. Ils ont dénoncé le «kidnapping judiciaire» de l'ex-dirigeante birmane depuis le coup d'Etat de février 2021.

Des manifestants traversent un marché avec des affiches de la dirigeante birmane évincée Aung San Suu Kyi dans le canton de Kamayut à Yangon, Myanmar, le jeudi 8 avril 2021. (archives)
Des manifestants traversent un marché avec des affiches de la dirigeante birmane évincée Aung San Suu Kyi dans le canton de Kamayut à Yangon, Myanmar, le jeudi 8 avril 2021. (archives)
KEYSTONE

ATS

25.5.2022 - 14:02

«À l'initiative du fils et de proches de Mme Aung Sang Suu Kyi, les avocats François Zimeray et Jessica Finelle, spécialisés en droits de l'Homme, ont déposé aujourd'hui une communication contre la junte militaire birmane au Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire», ont-ils indiqué dans un communiqué.

Aung San Suu Kyi, 76 ans, est détenue depuis le coup d'Etat militaire du 1er février 2021 qui a mis fin à une décennie de transition démocratique en Birmanie. Les avocats rappellent qu'"elle a été continuellement et illégalement privée de liberté par la junte dans un lieu inconnu depuis le 1er février 2021».

Dans leur requête, lue par l'AFP, ils affirment que «son arrestation était en tous points illégale, sa détention est dépourvue de tout fondement légal, et les tribunaux de la junte violent les règles les plus fondamentales du droit au procès équitable».

Pour les avocats de la prix Nobel de la paix, «c'est un tragique bon en arrière pour la Birmanie. A travers la personne d'Aung Sang Suu Kyi, c'est le peuple birman qui est bâillonné et l'aspiration démocratique dans ce pays qui est écrasée».

Au moins 6 ans de prison

Début mai, un tribunal de la junte au pouvoir en Birmanie a rejeté un appel de l'ancienne cheffe du gouvernement civil contre la peine de cinq ans de prison supplémentaires pour corruption qui lui a été infligée fin avril au cours d'un procès-fleuve, dénoncé comme politique par la communauté internationale. Elle s'était déjà vu infliger ces derniers mois une peine de six ans de détention.

Elle est accusée d'une multitude d'infractions (violation d'une loi sur les secrets d'Etat datant de l'époque coloniale, fraude électorale, sédition, corruption...) et risque au total des décennies de prison.

ATS