Démission du Premier ministre finlandais

3.12.2019 - 12:02, ATS

A la tête depuis juin d'une coalition de centre-gauche constituée de cinq partis, le social-démocrate (SDP) Antti Rinne a présenté sa démission au président Sauli Niinistö en fin de matinée à Helsinki.
Source: KEYSTONE/EPA COMPIC/KIMMO BRANDT

Le Premier ministre finlandais Antti Rinne a démissionné mardi. Il a perdu la confiance d'un partenaire de sa coalition qui devra faire savoir dans les prochains jours s'il souhaite la sauver ou la saborder, auquel cas de nouvelles élections seront convoquées.

A la tête depuis juin d'une coalition de centre-gauche constituée de cinq partis, le social-démocrate (SDP) Antti Rinne a présenté sa démission au président Sauli Niinistö en fin de matinée à Helsinki sous la pression du Centre.

Le SDP doit maintenant désigner un candidat pour lui succéder et former un nouveau gouvernement. Sanna Marin, vice-présidente du parti et ministre des Transports, a déjà fait savoir qu'elle y était disposée.

«Continuer comme avant»

Pour la politologue Sini Korpinen, aucune des formations de la coalition n'a intérêt à la faire tomber, en particulier le Centre «qui ne veut pas de nouvelles législatives, parce qu'il risque de faire moins bien» qu'aux dernières élections. «L'hypothèse la plus probable c'est qu'ils continuent comme avant», quitte à changer quelques ministres, a-t-elle indiqué à l'AFP.

La crise est partie du projet de La Poste finlandaise, entreprise à capitaux publics, de faire passer environ 700 salariés sous une nouvelle convention collective, moins favorable, au nom de la compétitivité.

En septembre, l'attention se porte sur la position de la ministre chargé des participations de l'Etat, Sirpa Paatero, membre du parti social-démocrate dirigée par le Premier ministre Antti Rinne.

Appel à la grève

La crise s'aggrave en novembre lorsque les syndicats lancent un appel à la grève. Le mouvement est très suivi, et bénéficie du soutien de salariés d'autres secteurs économiques qui cessent le travail par «sympathie», comme le permet le droit finlandais.

Les syndicats exigent de savoir si l'Etat actionnaire a approuvé la réforme. La ministre multiplie les déclarations confuses et le 28 novembre c'est au tour du chef du gouvernement d'être sommé de s'expliquer. Celui-ci dément que l'Etat ait approuvé les projets de la direction de La Poste, mais le lendemain le président du conseil d'administration de «Posti» lui apporte un démenti public cinglant.

Antti Rinne fait alors sauter un fusible et annonce la démission de sa ministre: trop tard. Plusieurs partis de la coalition gouvernementale réclament un vote de confiance au Parlement. Après la démission d'Antti Rinne, celui-ci n'aura finalement pas lieu.

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