Des évangéliques inquiets de la «radicalisation» de certains

ATS

24.2.2021 - 22:46

A supporter of President Donald Trump chants outside the Senate Gallery inside the Capitol, Wednesday, Jan. 6, 2021 in Washington. (AP Photo/Manuel Balce Ceneta)
Selon un récent sondage, trois chrétiens évangéliques blancs sur cinq sont convaincus que Joe Biden n'a pas été élu de façon légitime à la Maison Blanche. 
KEYSTONE/AP Photo/Manuel Balce Ceneta

Des représentants d'églises évangéliques américaines ont condamné mercredi, dans une lettre ouverte, la «radicalisation» croissante de certains chrétiens aux Etats-Unis, une tendance illustrée par l'assaut du Capitole à Washington.

Ces leaders religieux, au nombre dépassant une centaine, écrivent «reconnaître et condamner le rôle joué par le nationalisme chrétien dans l'insurrection violente, raciste et anti-américaine» du 6 janvier.

Ce jour-là, certains des assaillants ont affirmé agir au nom du Christ, allant jusqu'à prononcer une prière publique dans l'édifice du Congrès occupé.

Eléctorat de Donald Trump

Les chrétiens évangéliques blancs représentent une part importante de l'électorat de Donald Trump que le milliardaire, pourtant deux fois divorcé, avait attiré avec notamment la promesse de nommer des juges conservateurs à la Cour suprême pour annuler la loi autorisant l'avortement.

Selon un récent sondage, trois chrétiens évangéliques blancs sur cinq sont convaincus que Joe Biden n'a pas été élu de façon légitime à la Maison Blanche.

«Nous reconnaissons que l'évangélisme, et en particulier l'évangélisme blanc, a été exposé à l'hérésie du nationalisme chrétien à cause d'une longue tradition de directeurs de la foi s'accommodant de la thèse de la suprématie blanche», affirment les religieux américains.

«Nous ne voulons pas être des complices silencieux de ce péché», ajoutent-ils.

Il est «urgent» de dénoncer «cette violente mutation de notre foi», disent ces responsables, à l'image des «nombreux dirigeants musulmans qui ont senti la nécessité de dénoncer les versions déviantes et violentes de leur foi».

Affrontements de Charlottesville

Ces mêmes leaders chrétiens confient s'alarmer de l'augmentation «des actions violentes des extrémistes radicaux qui utilisent le nom du Christ».

Ils citent l'exemple en 2017 de Charlottesville, où un rassemblement de l'ultra-droite américaine avait dégénéré en affrontements avec des contre-manifestants antiracistes.

«Nous appelons les pasteurs, les ministres (du culte) et les prêtres à dire clairement que l'engagement pour Jésus-Christ est incompatible avec les appels à la violence, le soutien d'un nationalisme chrétien blanc, des théories de la conspiration et toutes les discriminations raciales et religieuses», affirment les signataires.

Ces derniers estiment «inconcevable» pour les chrétiens de soutenir des groupes d'extrême-droite comme les Proud Boys, les Oath Keepers, ou la mouvance conspirationniste QAnon.

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