Fortement vaccinée, l'Espagne est épargnée par la nouvelle vague

hl

12.11.2021 - 02:21

Avec le taux de vaccination le plus élevé des grands pays européens, l'Espagne est épargnée par la reprise des contaminations sur le continent. Elle n'est cependant pas à l'abri d'un rebond de l'épidémie, mettent en garde des experts.

Spain's Prime Minister Pedro Sanchez speaks during the opening ceremony of the UN Climate Change Conference COP26 in Glasgow, Scotland, Monday Nov. 1, 2021. The U.N. climate summit in Glasgow gathers leaders from around the world, in Scotland's biggest city, to lay out their vision for addressing the common challenge of global warming. (Yves Herman/Pool via AP)
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a affirmé «avoir plus d'un motif de satisfaction vu ce qui se passe» dans les pays alentours.
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12.11.2021 - 02:21

Traumatisé par la première vague du printemps 2020, le pays a l'un des taux d'infections les plus bas d'Europe avec 63 cas pour 100'000 habitants sur les 14 derniers jours.

Ce taux est deux fois plus élevé en Italie, environ six fois en Allemagne – pays qui a enregistré jeudi un record de nouvelles infections avec plus de 50'000 cas en 24 heures – et 12 fois plus important en Grande-Bretagne, selon un bilan établi par l'AFP sur la base de chiffres officiels.

Près de 80% des habitants vaccinés

Une situation «positive» dont s'est félicité mercredi au Parlement le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez qui a affirmé «avoir plus d'un motif de satisfaction vu ce qui se passe» dans les pays alentours.

En Espagne, où la population a eu beaucoup moins de réticence à se faire vacciner qu'ailleurs en Europe, 79% des habitants sont entièrement vaccinés contre 67% en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Et la quasi-totalité des plus de 70 ans (99%) le sont, un taux supérieur à la France ou à l'Italie, grâce à une campagne de vaccination qui a suivi strictement la pyramide des âges.

«Cette priorisation a entraîné une lenteur au démarrage mais a finalement eu de meilleurs résultats sur le long terme», explique à l'AFP Iñaki Comas, chercheur à l'Institut de biomédecine de Valence.

«Bouillon de culture»

Le climat plus doux, qui permet encore aux Espagnols de se voir dehors ou de manger en terrasse, a également joué, ajoute-t-il. Et s'il n'y a plus, depuis un mois, de restrictions sur le nombre de personnes autorisées à se réunir et que la vie nocturne a repris, les masques restent obligatoires à l'intérieur.

Mais les experts mettent en garde contre un redémarrage des contaminations en raison de l'arrivée du froid et du mauvais temps, du fait que la protection fournie par les vaccins tend à s'amenuiser avec le temps et des risques représentés par de nouveaux variants.

«Ces trois facteurs sont un bouillon de culture parfait pour le coronavirus», explique Iñaki Comas, selon qui l'Espagne «entre dans une phase critique».

«Nous savons comment le virus se transmet. Quand le froid arrive et que la nuit tombe plus tôt, nous avons tendance à aller à l'intérieur et c'est là que le virus se répand», abonde Cesar Carballo, urgentiste à l'hôpital Ramon y Cajal à Madrid.

«Bonne voie»

Et, même si le pays a l'un des taux de vaccination les plus élevés d'Europe, les épidémiologistes refusent de parler d'immunité collective car celle-ci ne pourra pas être atteinte avec les seuls vaccins qui ne suppriment pas les contagions.

«L'Espagne est sur la bonne voie mais cela ne veut pas dire qu'elle a atteint le point où on ne reviendra pas en arrière», souligne Salvador Macip, professeur en sciences de la santé à l'Université ouverte de Catalogne et auteur d'un ouvrage sur «Les grandes épidémies modernes».

Selon l'Institut des données et évaluations de santé (IHME), basé à Seattle (nord-ouest des Etats-Unis), l'Espagne devrait voir son nombre de cas augmenter à partir de la mi-novembre, monter en flèche en décembre avant d'atteindre son pic à la fin de l'année.

Mais même si «les taux d'infections sont élevés», «si les gens sont vaccinés, ils ne tomberont pas gravement malades», rassure Iñaki Comas.

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