Investi président, Joe Biden appelle l'Amérique à «l'unité»

ATS

20.1.2021 - 19:18

President Joe Biden speaks during the 59th Presidential Inauguration at the U.S. Capitol in Washington, Wednesday, Jan. 20, 2021.(AP Photo/Patrick Semansky, Pool)
Le nouveau président prononçant son discours  d'investiture.
KEYSTONE/AP Photo/Patrick Semansky, Pool

Joe Biden est devenu mercredi le 46e président des Etats-Unis. Il a appelé à «l'unité» un pays traversé par des crises profondes au terme du mandat de Donald Trump qui aura déchiré les Américains et bousculé le monde.

Le démocrate a prêté serment face au président de la Cour suprême, John Roberts, la main posée sur la bible familiale tenue par son épouse Jill. Dans un discours grave d'une vingtaine de minutes, celui qui est devenu à 78 ans le président le plus âgé en début de mandat a salué un «jour d'Histoire et d'espoir» pour l'Amérique.

«La démocratie est précieuse, la démocratie est fragile, et aujourd'hui mes amis, la démocratie l'a emporté», a-t-il lancé, sous les applaudissements des invités triés sur le volet en raison de la pandémie.

Lutter contre la division

«Je sais que les forces qui nous divisent sont profondes et réelles», a-t-il ajouté, en multipliant les appels à «l'unité» dans une allocution contrastant singulièrement avec celle, sombre et offensive, prononcée par Donald Trump il y a quatre ans.

Dans une référence à son prédécesseur, Joe Biden a exhorté les Américains à rejeter la manipulation des faits. «Tous les désaccords ne doivent pas mener à la guerre totale. Et nous devons rejeter la culture où les faits eux-mêmes sont manipulés, et même inventés», a-t-il lancé.

La journée restera dans les livres d'histoire aussi en raison de l'accession, pour la première fois, d'une femme à la vice-présidence de la première puissance mondiale. L'ex-sénatrice noire et d'origine indienne Kamala Harris, 56 ans, a prêté serment juste avant Joe Biden.

Brochette de stars

Contrairement à Donald Trump, son vice-président Mike Pence et les ex-présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton étaient aux premières loges durant ce moment fort de la démocratie américaine. Joe Biden, costume sombre et cravate bleu ciel, masqué à son arrivée comme tous les invités, a échangé un salut poing contre poing avec Barack Obama, dont il fut le vice-président.

La star de la pop Lady Gaga a entonné l'hymne national, vêtue d'une robe rouge et noir bouffante et arborant une grande broche dorée représentant la colombe de la paix. Puis Jennifer Lopez a chanté «This land is your land» ("Ce pays est ton pays").

Rupture avec l'ère Trump

Le démocrate accède à la présidence avec l'intention de marquer dès le premier jour le contraste – sur le fond comme sur la forme – avec Donald Trump. Image symbolique pour la «réconciliation» et le «rassemblement» qu'il entend incarner, il a assisté mercredi matin à une messe accompagné des chefs démocrates et républicains du Congrès.

Joe Biden, qui s'est posé en «président de tous les Américains», a prévenu que les Etats-Unis, déjà endeuillés par plus de 400'000 morts en raison de la pandémie, allaient entrer dans «la phase la plus mortelle du virus».

«Nous devons laisser de côté la politique et affronter enfin cette pandémie en tant que Nation», a-t-il martelé, alors que son prédécesseur a constamment minimisé la crise sanitaire.

Dès mercredi, il devait prendre 17 décisions présidentielles pour revenir sur les mesures phares de l'ère Trump, en engageant notamment le retour des Etats-Unis dans l'accord de Paris sur le climat et au sein de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Retour annoncé de Trump

A l'issue d'un mandat marqué par une avalanche de scandales et deux «impeachments», Donald Trump a lui quitté le pouvoir au plus bas dans les sondages, coupé d'une partie de son camp horrifiée par les violences du Capitole le 6 janvier dernier. Juste avant de partir, il a gracié 73 personnes, dont son ex-conseiller Steve Bannon.

Depuis la base militaire d'Andrews, il a seulement souhaité «bonne chance» à la nouvelle administration sans jamais citer le nom de Joe Biden, auquel il n'a laissé qu'une lettre dont la teneur n'a pas été dévoilée.

Il a promis de revenir «d'une manière ou d'une autre», entretenant le flou sur ses projets. Il est ensuite arrivé en Floride à bord d'Air Force One pour entamer dans son club de Mar-a-Lago, à 74 ans, sa vie d'ex-président.

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