Les candidats à la présidentielle s'accusent mutuellement de la crise

ATS

5.6.2021 - 22:10

Le premier débat télévisé en direct entre les sept candidats à la présidentielle de juin en Iran a été marqué samedi par un échange d'accusations entre réformateurs et ultraconservateurs. Les deux camps se sont renvoyés la responsabilité de la crise économique.

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5.6.2021 - 22:10

Le premier débat télévisé en direct entre les sept candidats à la présidentielle de juin en Iran a eu lieu samedi.
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Les Iraniens sont appelés aux urnes le 18 juin pour élire un successeur au président Hassan Rohani. Sa politique d'ouverture a échoué avec la dénonciation par les Etats-Unis en 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.

L'atmosphère dans le pays est celle d'un mécontentement général face à la grave crise économique et sociale provoquée par le rétablissement des sanctions américaines ayant suivi la sortie des Etats-Unis de cet accord.

Après l'invalidation des candidatures de plusieurs personnalités, sept candidats restent en lice parmi lesquels cinq ultraconservateurs et deux réformateurs sans envergure nationale. Lors du débat de samedi, les candidats ultraconservateurs ont exhorté le réformateur Abdolnaser Hemmati, le gouverneur de la Banque centrale, à assumer la responsabilité de la crise, lui reprochant de défendre le bilan économique du gouvernement.

«Promesse irréalisable»

«Comment voulez-vous diriger le pays ? Monsieur Hemmati, votre gouvernance était catastrophique, vous êtes assis ici en tant que représentant de M. Rohani», a lancé Mohsen Rézaï, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique.

M. Hemmati a mis en cause pour sa part le programme économique des ultraconservateurs, basé notamment sur des aides financières directes et massives à la population. Il a dénoncé une «promesse irréalisable».

Il leur a également reproché de saper les relations internationales de l'Iran, empêchant le pays de profiter de l'accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre Téhéran et la communauté internationale.

Crainte sur le taux de participation

Chef de l'Autorité judiciaire, Ebrahim Raïssi fait figure de favori pour la présidentielle, bénéficiant de l'invalidation de la candidature de plusieurs personnalités qui auraient pu lui faire de l'ombre. Citant de «nombreux sondages», M. Raïssi a jugé lors du débat que «l'une des préoccupations de la population» était «la malhonnêteté de certains responsables» du gouvernement.

Il a aussi fait part de son inquiétude sur l'inflation, «l'un des graves problèmes auxquels les gens sont confrontés aujourd'hui». «Les prix des produits de base ont considérablement augmenté», a-t-il ajouté.

En février 2020, les législatives avaient été marquées par une abstention record (57%) sur fond d'invalidation massive de candidats modérés et réformateurs, et les médias redoutent aussi pour ce scrutin un taux de participation peu élevé. Les candidats doivent se retrouver pour deux autres débats télévisés, prévus mardi et samedi prochains.

ATS